Le thème du bonheur au travail s'affiche partout. Le mois dernier, on a même célébré la journée mondiale du bonheur ! Comment les entreprises elles-mêmes appréhendent-elles ce sujet ? « Nous sommes entrés dans un phénomène durable qui répond à un certain nombre de changements en entreprise », selon Albane Vigneron, sociologue de formation et dirigeante associée à Bruz du cabinet national de conseil en management-RH et accompagnement du changement MoreHumanPartners (7 salariés et associés, CA : 600 K€), présent à Paris, Tours, Bordeaux et Rennes. Sa représentante de l'Ouest a mené l'enquête...
20 questions, 700 réponses
En 2014, quelque 700 personnes ont répondu à son questionnaire de 20 questions. La moitié sont des anonymes ; l'autre moitié issue des entreprises identifiées (dont près de 125 Bretonnes). Toujours disponible en ligne, ce sondage va s'enrichir au fil du temps. Albane Vigneron a d'abord dû affronter un préjugé : « Certains m'ont dit que le bonheur n'avait rien à faire en entreprise. Les dirigeants vivent dans un marasme ambiant. Un certain nombre d'organisations n'ont visiblement pas encore mis du sens dans leurs rouages ! Or, derrière nous, arrivent des générations qui ont besoin de sens. Si, à un moment donné, elles ne le trouvent pas, elles quitteront l'entreprise du jour au lendemain. En conférence lors des Journées du bonheur au travail, Michel Hervé, patron du groupe Hervé, disait que les entreprises qui ne prendront pas ce sujet à bras-le-corps, mourront demain. » Aux États-Unis, le coût du désengagement des salariés a même été chiffré à 300 milliards de dollars par an ! D'après l'étude de MoreHumanPartners, bonheur et travail sont « compatibles » selon 95 % des répondants (97 % en Bretagne). Et d'une manière générale, les Bretons se disent heureux au travail pour 87 % d'entre eux, alors que la moyenne nationale est à cinq points en dessous.
« Pas forcément coûteux »
Or, « faire le bonheur en entreprise n'est pas forcément coûteux », selon Albane Vigneron, pour qui « les entreprises reposent sur des mines d'or »... humaines. Les entreprises dites « libérées » l'ont compris.
Pour faire le bonheur de leurs salariés, ou au moins leur rendre le quotidien agréable, les chefs d'entreprise bretons ont semble-t-il pris les devants. Ainsi, l'étude nous apprend qu'agir pour le bonheur au travail fait partie de la culture de 63 % des entreprises bretonnes, bien au-delà de l'ensemble (52 %). Un quart des personnes interrogées de l'Ouest considèrent tout de même que leur manager ne se préoccupe pas de leur bonheur au travail. Mais ce chiffre monte à 36 % au plan national. S'ils avaient le choix de quitter ou non leur entreprise, les salariés bretons seraient aussi plus enclins à... rester ! Pour 73 % d'entre eux ; là encore, au-dessus de la moyenne à 66 %. « Ils y trouvent quand même leur bonheur. Ce n'est pas si mal », rassure Albane Vigneron qui pondère ses propos au regard des 27 % prêts à tout quitter (34 % au plan national).
L'affaire de tous
Enfin, le bonheur reste l'affaire de tous - manager, collègue et soi-même sont mis au même plan - et d'un environnement de travail agréable. Ce sont les premiers critères avancés par les personnes interrogées, bien avant le niveau de salaire. Les leviers pour être plus heureux sont (dans l'ordre cité) : se développer (compétences, apprendre de nouvelles choses...), exprimer son potentiel (créativité, innovation...). Le salaire n'arrive qu'en troisième position, suivi de près par l'évolution professionnelle. Et Albane Vigneron de citer un dirigeant : « Si vous voulez de l'obéissance, managez ! Si vous voulez de l'engagement, développez l'autonomie. »
Le cabinet rennais MoreHumanPartners a mené l'enquête : les Français, sont-ils heureux au travail ? Voici, en exclusivité les principaux enseignements.