Avec la production de moins de mille paires de ski par an, Bohême est positionnée sur le très haut de gamme. Une paire de ski demande en moyenne 35heures de travail. Il s'agit de pièces uniques puisque le plaquage en bois ne ressemble jamais à un autre. «Aujourd'hui, on est peu rentable, on s'autofinance quand même pour continuer à se développer, admet Arnaud Benoist, directeur marketing et commercial de Bohême. Mais on n'a pas la pression de la rentabilité à outrance comme peuvent l'avoir les industriels du ski. Ici, on fait le choix de ne rien sous-traiter. C'est plus qu'un esprit, il existe une ?famille? de skieurs Bohême.» Fondée en 1998 par Olivier Piantoni, aujourd'hui responsable production, la société a en effet été créée dans un esprit très ?freeride?, très ?bohême?. Mais la passion ne suffisait pas à rendre le projet économiquement viable. D'où le rachat en 2005 par Dominique Reynaud, ex-P-dg de Teisseire. Il détient 100% de Bohême même s'il ne participe pas aux activités opérationnelles de l'entreprise.
Relancer le monoski!
«Nous avons une gamme d'une quinzaine de produits, explique Arnaud Benoist. Il n'existe pas vraiment d'anciens modèles. Le premier Bohême est toujours en catalogue. On ne va pas inventer de nouveaux produits tous les ans juste en changeant la déco!» Loin des phénomènes de mode, le fabricant a même relancé le monoski cette saison! «Dès qu'on a une demande, on produit, ajoute le directeur marketing. Chez nous, il n'existe pas de quantité minimum.» Une couche de fibre de verre, une de fibre de carbone, de caoutchouc, de kevlar... Et un plaquage d'ébéniste disponible dans une quinzaine d'essences de bois. Les skis sont fabriqués à la main. Ils allient performance technique et esthétique. Forcément, côté prix, on est dans le haut du panier, entre 1.500 € et 2.000 €. Les skis sont distribués dans 40points de vente en France; 30 à 40% des produits partent à l'export, en Norvège, Suède, Italie, Pays-Bas, Espagne, Suisse, Autriche mais aussi aux États-Unis. Un nouveau site internet doté d'une boutique en ligne ouvre d'ailleurs ce mois-ci pour les pays étrangers. «Le but est de développer l'export jusqu'à 50% du chiffre, ajoute le directeur commercial. Cette année, nous sommes par exemple distribués en République tchèque et en Slovaquie.»
Des skis fabriqués à la main à Lumbin, c'est l'atypique Bohême. Loin des phénomènes de mode, la petite société entend bien se développer, notamment à l'international.