Il s’en est passé des choses depuis son inauguration le 19 avril 1970. Le Circuit Paul Ricard, imaginé par Paul Ricard inventeur de la boisson alcoolisée anisée, prend depuis quelques années un nouveau virage. Celui de la diversification. Devenu propriété de la société Excelis SA en 1999, le site varois développe notamment une offre "séminaire" pour les entreprises qui séduit de plus en plus, à en croire la directrice commerciale Alexandra Akbasli. En 2023, 102 événements de ce type ont été organisés sur place, soit environ 5 % du chiffre d’affaires total annoncé à 23,4 millions d’euros. Ce chiffre a grimpé à "112 séminaires l’an dernier et 8 000 professionnels accueillis". Un solide facteur de croissance économique pour le circuit qui compte bien lâcher quelques chevaux de plus dans ce domaine.
Séminaires cousus main
Concrètement, le Castellet propose des offres sur-mesure à partir de 10 personnes jusqu’à 2000 en profitant d’une infrastructure très modulable sur un site exceptionnel. Une vingtaine de salles dont 12 loges, des hangars aménageables, des possibilités hôtelières avec les établissements du groupe ainsi qu’un service personnalisable de restauration permettent aux sociétés d’organiser leurs événements, tels que des réunions internes, des présentations ou des teams buildings, en joignant, souvent, l’utile à l’agréable. Car le Castellet dispose d’un panel d’activités variées, autour de l’automobile évidemment, à l’image de la "racing experience" où l’on peut se mettre dans la peau d’un pilote, tester ses réflexes, mais aussi des stages de pilotage, des courses de karting ou d’intenses séances sur simulateur de conduite. "On essaie de se renouveler continuellement, explique Alexandra Akbasli. Nous avons une unité de lieu pour le travail et les loisirs. Beaucoup d’entreprises viennent chez nous en voulant proposer des activités à leurs collaborateurs…" Pour attirer cette clientèle constituée d’entreprises du BTP, de la banque, des loisirs de l’automobile ou encore de l’énergie, le Paul Ricard, s’appuie sur sa riche histoire sportive et ses atouts structurels avec une dimension RSE marquée. Labellisé trois étoiles par la Fédération internationale automobile (FIA), il est en effet le premier circuit à avoir obtenu la norme ISO 20121, une référence en matière de management responsable de l’activité événementielle.
Du monde sur la piste
D’un point de vue commercial, le site renforce aussi, chaque année, son offre de manifestations. 420 000 spectateurs ont fait le déplacement en 2024. Tout cela en parvenant à se passer du championnat du monde de F1 dont le dernier grand prix dans le Var remonte à 2022. "C’était le graal certes, mais on peut vivre sans. Notre calendrier le prouve : on avoisine 93 % de taux de remplissage sur la piste", assure la responsable. Et la programmation grand public, justement, illustre cette volonté de se diversifier au maximum. Au-delà des événements sportifs incontournables tel le GP historique (25-27 avril prochains) où la mythique Formule 1 Renault R25 de 2005 fera son retour, le Grand Prix Camions (24-25 mai) et le Bol d’Or en endurance moto (18-21 septembre), un festival de musique electro house et bohème, le Boho (26 juillet) rompra, par exemple, avec les moteurs. Ce sera le cas également avec la soirée Sunset Run (19 juin) qui donnera l’occasion à tous de faire un footing au coucher du soleil sur le circuit, pour un ticket d’entrée à 10 euros, ainsi qu’une dizaine de soirées Sunset Bike, sur le même principe, pour les vélos. L’objectif est assumé : "augmenter le chiffre d’affaires global et se faire connaître au plus grand nombre en touchant de plus en plus de monde, pas uniquement des fans de sport auto !"