Bloqué par les agriculteurs de la Confédération rurale du Lot-et-Garonne depuis mercredi 20 novembre au soir, rejoints par leurs homologues girondins depuis ce jeudi après-midi, le port de commerce de Bordeaux à Bassens est à l’arrêt. Une situation que ne comprend pas la direction.
Incompréhension et impuissance
"Pour mémoire, le port de Bordeaux n’importe pas de céréales ni de produits carnés", souligne-t-elle dans un communiqué ce jeudi, cosigné de l’Union maritime et portuaire de Bordeaux. Autrement dit, il est sans rapport avec le mouvement de colère de la filière agricole qui proteste contre la signature d’un accord de libre-échange entre l’Europe et le Mercosur, qui ouvrirait la porte à des importations notamment de viande et céréales d’Amérique du Sud.
"Les seules importations réalisées à Bordeaux concernent les graines oléagineuses solides utilisées pour la trituration, et uniquement en complément de la production locale", précisent encore les instances. Si elles "entendent les préoccupations exprimées par les manifestants, elles ne sont "en aucun cas parties prenantes des situations dénoncées et ne peuvent donc y remédier", résument-elles.
Emplois menacés et risques de rupture
Avant de prévenir : "Les entreprises implantées en zone industrialo-portuaire génèrent plus de 8 000 emplois directs et travaillent chaque jour au service du territoire. Le port de Bordeaux est une plateforme d’approvisionnement essentielle pour les besoins quotidiens des habitants de Nouvelle-Aquitaine. Si les blocages en cours sont maintenus, ces entreprises et ces emplois, dont l’activité n’est pas liée aux revendications en cours, seraient directement menacés. Les conséquences d’éventuelles ruptures d’approvisionnement seraient aussi nombreuses pour l’ensemble des filières et la dynamique économique du territoire."
Un port exportateur des céréales régionales
GPMB rappelle que Bordeaux "est un port d’export céréalier au service de la filière agricole régionale et de son économie", citant "les productions locales de céréales 100 % non OGM : maïs, blé, orge et sorgho exportées depuis les silos et les quais du terminal de Bassens."
Près de 9 000 navires y sont accueillis chaque année pour un trafic annuel de 6,5 millions de tonnes. La filière agricole représente ainsi le second secteur de son activité. Chaque année, 500 000 tonnes de céréales produites dans le Sud-Ouest sont ainsi exportées depuis le port de Bordeaux.