Coups de coeur sur des produits vestimentaires, des cosmétiques ou des boutiques. Les posts se suivent à un rythme souvent quotidien. Nouveaux vecteurs de communication, les blogs intéressent les community managers des marques par leurs capacités à influencer les comportements des consommateurs. « Nous avons une vraie relation directe avec nos lecteurs. Nous créons au fil du temps une véritable communauté fidélisée par notre ligne éditoriale. Il y a une confiance qui s'instaure », souligne Élodie Van Zele, qui s'occupe du blog "Chutmonsecret". Un avis partagé par Lova Linda, 32 ans, qui ajoute : « La force d'un blog, c'est la personne qui est derrière. Les internautes s'identifient, se reconnaissent en moi. Ce sont vraiment des amis, même virtuels. Petit à petit, c'est ce qui va remplacer la presse féminine ». Les taux de fréquentation des blogs donnent en effet le vertige : 3.000 visiteurs uniques par jour pour Aude de "The little world of fashion", 1.000 lecteurs/jour pour Elodie ou plus de 2.000 visites/jour pour Linda. Un volume de lecteurs qui permet de commercialiser de la publicité et d'engranger des recettes conséquentes, de 1.500 à 3.000 euros par mois.
Une carte de visite
« Cela fait maintenant quatre ans que je blogue, mais je ne suis devenue "professionnelle" que depuis un an et demi. J'ai monté ma propre entreprise en web communication et événementiel et je dispose d'un agent à Paris qui traite avec les marques », explique Aude, 27 ans, qui s'est lancée dans l'aventure du blog durant ses études en master Marketing et communication à Aix-en-Provence. Elle envisage ainsi de lancer un concept store à Aix-en-Provence début juillet avec de jeunes créateurs. Élodie, quant à elle, ne commercialise pas de bandeaux publicitaires sur son blog. En revanche, "Chutmonsecret" constitue sa carte de visite. « J'ai travaillé dans le journalisme et dans la communication. Je commente des boutiques ou des restaurants sur Marseille. Je n'écris pas à la première personne. Mon style intéresse et je suis régulièrement contactée pour organiser des événementiels, des ouvertures de boutique ou des showrooms de créateurs. Il est clair que les marques préfèrent prendre des encarts sur des blogs à forte fréquentation que dans la presse magazine beaucoup plus chère et où les retombées sont plus incertaines ». Élodie organise durant l'été plusieurs Créa'market, à Marseille, cours d'Estienne d'Orves, où elle réunit une cinquantaine de créateurs. Pour Linda, l'aventure n'est pas encore rémunératrice. « Mon blog est relativement récent. Il y a un an et demi, j'ai eu envie de revenir à mes premières amours : le journalisme. Alors j'ai ouvert mon blog journal de bord de mes passions. En juillet dernier, j'ai quitté mon emploi dans le commerce et le management après dix ans dans la même entreprise. Je ne travaille pas pour l'audience. Je ne cherche plus la rentabilité à tout prix. À terme, bien sûr, j'ai envie de faire de mon blog un business, mais sans me brader. Je commence à avoir de belles propositions et je veux faire les bons choix ».
Une ligne éditoriale
Chacune revendique en effet une grande loyauté envers ses lecteurs. « Je reste fidèle à mes goûts malgré toutes les sollicitations des marques. Il y en a qui m'ont déçue et je l'ai dit. Je ne suis pas là pour vendre des choses qui me déplairaient. Quand je fais un article sponsorisé, il est clairement identifié », indique Aude. « Je ne parle que de ce qui me plaît », réplique Élodie. « Personnellement, je refuse les "cadeaux" des marques. Ce que je montre, ce que je porte, ce sont des vêtements que je me suis achetés ou que mes proches m'ont offerts. Je ne suis pas un cintre », explique encore plus clairement Linda, qui alimente quotidiennement son blog de nouveaux looks, de nouveaux conseils ou de nouvelles recettes de cuisine. Car bloguer est une activité chronophage. « Je me force à poster quotidiennement, mais cela prend aussi beaucoup de temps pour entretenir le réseau... », ajoute Aude, qui vise les 10.000 fans sur Facebook. Linda, elle, ne compte plus le temps passé sur internet, entre son blog et les réseaux sociaux. « Ce qui compte, c'est le contenu. Je poste pour donner de l'information à celui qui va lire. Dans tous les cas, il s'agit d'énergie positive. En ce moment, sans que je ne fasse quoi que ce soit, 1.000 personnes parlent de moi sur Facebook. Cela prend une ampleur phénoménale. Les gens m'arrêtent dans la rue pour se prendre en photo avec moi... » « Cela m'arrive aussi, glisse Aude. Ca m'amuse, mais je me dis :"pourquoi ?". Je suis consciente que cela peut s'arrêter à tout instant. C'est une mode portée par les 18/35 ans. Les gens vont nous suivre deux ans, trois ans, mais ils vont se lasser petit à petit. Un jour, les blogs disparaîtront et nous basculerons sur d'autres métiers ».
Blogs Ils sont de plus en plus pris en considération par les marques. Textiles, mais aussi cosmétiques, voyages, boutiques, restaurants, tout est passé au crible par ses blogueuses et leurs milliers d'amis quotidiens. Rencontre avec trois drôles de dames...