Blécon & Associés : Ramener le dirigeant à la dure réalité
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Blécon & Associés : Ramener le dirigeant à la dure réalité

En cette période de crise, Blécon & Associés redouble de vigilance sur le phénomène de repli des chefs d'entreprise. Explications.

«Maintenir le contactavec les clients susceptibles d'être en difficulté»: c'est le mot d'ordre actuel au sein du cabinet Blécon & Associés à Brest. Fondée en 1978 par Jean Blécon, la société emploie 40 salariés. L'activité est triple: expertise comptable (70% du CA), commissariat aux comptes (25%) et conseil de gestion et financier (5%). Le cabinet réalise 95% de son chiffre d'affaires (3,1M€ en 2008) dans le Nord Finistère. Le panel de ses clients (TPE, PME, institutionnels, commerçants) est assez représentatif de l'économie locale.




Le Finistère encore épargné

À force de balayer le territoire, Jean Blécon, 63 ans, a acquis une connaissance fine de son économie et de sa santé. «Le Finistère est encore épargné. Il souffre moins que les autres départements bretons car il n'est pas dépendant d'une activité dominante. La dépendance la plus significative est celle qui le lie à l'agroalimentaire. Mais les gens continuent à manger malgré la crise même s'ils privilégient les premiers prix. Du coup les résultats sont plus serrés. La présence des fonctionnaires et notamment de la Marine atténue les effets de la crise. C'est un amortisseur intéressant», analyse Jean Blécon qui constate néanmoins une tension croissante des trésoreries des PME et un certain repli sur eux-mêmes des dirigeants exposés.




«Attention au manque de lucidité»

Au sein du cabinet, trois associés ont progressivement été intégrés au capital. Ils détiennent chacun 20% des parts. Laurent Blécon, fils de Jean Blécon, et responsable du pôle gestion sociale, possède aussi 10%. Implantée dans la zone industrielle de Kergaradec, la SAS Blécon & Associés a doublé de volume en 2006, après sa fusion avec le cabinet Sobrecomo. Dans la société, Jean Blécon s'est spécialisé sur ses passions de toujours: l'évaluation et la transmission d'entreprises et le conseil de gestion. «C'est de la technique et aussi beaucoup de psychologie», souligne l'intéressé. Les experts-comptables deviennent souvent les confidents des dirigeants. Et lors de la crise des années 1990, le professionnel avait déjà rencontré une certaine tendance à la fuite face aux difficultés. «Certains patrons refusaient de me voir car ils savaient que j'allais les ramener à la dure réalité. Ils s'enfermaient dans leur rêve, coupaient le dialogue avec l'extérieur. Ils n'étaient plus capables d'analyser froidement la situation.» Ce qui conduit à commettre des erreurs. «Attention au manque de luciditépour affronter les problèmes», met-il en garde.

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