Qualisteo, que vous dirigez, forme désormais une coalition au profit de la transition énergétique, avec Enogia, Micr’eau et ATI Industries. Comment cette Smart Alliance est-elle née ?
Nous sommes quatre entreprises innovantes, à peu près de la même taille. Chez Qualisteo (40 collaborateurs, CA 2025 : 8 M€), à Nice, nous avons développé un système de mesure des consommations d’énergie des sites industriels. J’ai rencontré Enogia (45 collaborateurs, CA 2024 : 8 M€), basée à Marseille, qui convertit la chaleur en électricité propre, lors d’un déplacement en Norvège organisé par la CCI Paca et Team France Export Sud il y a huit mois. Nous faisions partie d’une délégation d’entreprises innovantes de l’énergie.
Nous avons ensuite rencontré Micr’eau (société parisienne spécialisée dans le traitement de l’eau et du biogaz, NDLR) via un partenaire commun dans le domaine des stations d’épuration. Enfin, Enogia connaissait déjà ATI Industries (CA 2024 : 15,8 M€, expert des solutions d’incinération de petit format basé à Paris, NDLR). Nous nous sommes rendu compte que nous avions les mêmes clients, principalement dans le process de l’environnement, usine d’incinération ou station d’épuration, ce qui est une grosse activité de Qualisteo. Cela représente plus de 30 % de notre chiffre d’affaires et nous monitorons plus de 50 % des incinérateurs d’ordures ménagères, soit l’équivalent de 25 % de la population française sur les stations d’épuration. Nous avons aussi des projets à l’étranger, notamment au Qatar, au Sénégal, sur le système de l’eau.
Donc avec tous ces clients communs qui cherchent à faire la même chose avec nous, c’est-à-dire économiser l’énergie, se décarboner, on s’est dit que nous avions tout intérêt à chasser en meute à l’international. Ainsi est venue l’idée de la Smart Power Alliance.
Parce que l’international est un terrain de jeu majeur pour chacune des 4 entreprises ?
Oui, nous réalisons tous une très grande partie de notre chiffre d’affaires en dehors de la France. Pour Qualisteo, c’est la moitié, nous sommes dans 45 pays, jusqu’en Irak. Pour Enogia, c’est plus de 70 %. Micr’eau est très implanté au Chili. ATI Industrie est très présente en Afrique, au Moyen Orient.
Et à l’international, ils sont très en retard. Nous sommes très avancés. Quand on va au Moyen-Orient ou aux États-Unis, c’est l’âge de pierre en termes de performance énergétique. Donc, il y a des marchés très, très intéressants pour nous. Là encore, autant travailler ensemble pour développer l’innovation française, la décarbonation.
Concrètement, qu’apporte cette Smart Power Alliance ?
Nous faisons des événements ensemble, on participe à des salons, comme Pollutec dernièrement à Lyon ou le salon des solutions énergétiques durables à Birmingham en Angleterre. Nous faisons des rendez-vous clients groupés. On se donne des contacts. L’idée est vraiment d’apporter des solutions aux uns et aux autres. Et quand un client a un projet plus global de décarbonation, on va lui proposer une solution packagée avec nos solutions mises en commun. Nous ne sommes pas concurrents, nous sommes vraiment complémentaires. Et puis quand on est à la tête d’une entreprise innovante, il y a beaucoup de challenges à relever, de difficultés à travailler avec l’industrie internationale. Finalement, on trouve aussi un peu un soutien en travaillant avec ses pairs. Nous avons tous les mêmes problèmes. Nous partageons nos expériences.
Cela a-t-il déjà porté ses fruits ?
Nous avons beaucoup de pistes communes mais ce sont des projets qui mettent plusieurs mois pour se réaliser. Donc, nous n’avons pas encore un exemple concret, mais c’est en cours.
La décarbonation et la transition énergétique semblent ne plus être au premier plan des préoccupations. Est-ce une impression ou un constat de votre point de vue ?
Disons que ce n’est plus une mode, dans les médias ou dans la bouche des politiques, mais c’est toujours une priorité. En ce moment, la tendance est à l’IA. Il semble y avoir des thèmes comme ça… La réalité, c’est que lorsqu’il y a eu le choc énergétique avec la guerre en Ukraine, c’était plus présent. Aujourd’hui, les prix de l’énergie ont baissé. Malgré tout, il y a eu un avant-après crise ukrainienne. Tout le monde a compris qu’on ne pouvait pas s’enfoncer la tête dans le sable et ne pas gérer des problèmes d’énergie.