Tout est parti d’un constat pour Camille Beauchamp, fondatrice de Cimélo. En posant un regard professionnel sur les cimetières français, cette ingénieure en génie civil et aménagement urbain s’est rendu compte qu’ils étaient, pour beaucoup, très minéralisés, remplis de grosses pierres tombales. "Nos cimetières sont assez gris et bien moins ouverts et végétalisés que dans d’autres pays, notamment en Allemagne ou dans les pays anglo-saxons", expose Camille Beauchamp.
Un impact environnemental réduit
La jeune femme a donc l’idée de concevoir des stèles funéraires innovantes pour apporter plus de nature dans les cimetières. Elle se lance dans l’aventure entrepreneuriale en 2024 et développe trois premiers modèles pour sépultures de pleine terre végétalisées. "Je voyais aussi que de plus en plus de collectivités françaises étaient intéressées pour aménager des cimetières naturels et paysagés. Les mentalités commencent à changer, même s’il faut encore faire de la pédagogie. On évoque désormais l’impact écologique des cercueils ou des monuments funéraires", souligne la dirigeante de Cimélo, qui précise qu’aujourd’hui 4 pierres tombales sur 5 sont produites hors de France, notamment en Asie.
Une quinzaine de revendeurs en France
Après une phase de prototypage, la jeune pousse a installé, en octobre dernier, deux de ses stèles dans un cimetière de Pont-du-Château, dans le Puy-de-Dôme, à la demande de la commune. Elle tente, aujourd’hui, de faire connaître ses produits. "Nous lançons la commercialisation et nous avons déjà plusieurs devis en cours. Nous avons désormais une quinzaine de revendeurs sur toute la France, principalement des pompes funèbres. Nous pensons vendre une centaine de stèles cette année", explique Camille Beauchamp, qui espère atteindre 300 000 euros de chiffre d’affaires d’ici cinq ans. Pour cela, elle compte bien se faire une place sur le marché. 50 000 à 60 000 monuments funéraires sont vendus en France chaque année, selon l’entreprise.
"Un gîte pour la biodiversité"
Les stèles Cimélo sont fabriquées en acier thermolaqué et produites dans le Puy-de-Dôme, chez des métalliers partenaires. Elles peuvent être personnalisées. Une fois l’objet installé sur la sépulture, la famille du défunt peut placer des branchages, des pommes de pin, des cailloux… en son centre. "Cela devient un gîte pour la biodiversité", souligne la dirigeante de Cimélo, qui rappelle qu’aucune législation n’impose la pose d’une pierre tombale.
Autre avantage, selon elle : le prix. Bien moins chères que les monuments funéraires traditionnels, les stèles sont vendues entre 870 euros et 1 600 euros pour les plus grands modèles.