Le créateur
Nous avions laissé Fabien Marret, en 2022, à la tête de monbento (6 millions de chiffre d’affaires en 2023), entreprise spécialisée dans les accessoires pour repas nomades et notamment les lunchboxs. Une PME qu’il avait co-fondée en 2009 à Clermont-Ferrand, puis vendue en 2018 à la famille Peugeot. On le retrouve aujourd’hui lancé dans un nouveau défi entrepreneurial. À 42 ans, il s’apprête à débuter la commercialisation d’une boisson au lait d’amande fermenté.
Diplômé de l’École nationale supérieure des arts décoratifs, le designer a co-fondé Minimiil, fin 2023, avec trois associés, dont deux anciens de monbento.
Le concept
C’est en partant du constat que les goûters des enfants étaient souvent trop sucrés avec des produits ultratransformés, que ce papa d’une petite fille de 8 ans a eu l’idée de proposer une alternative saine. Avec ses trois associés, Olivier Gagneau, Annouk Voisin et Yumi Liberman, Fabien Marret entend développer le "Gut Power", la puissance du microbiote, des plus jeunes entre 3 et 10 ans. Pour cela, la marque propose une boisson qui se distingue par sa composition végétale, sans lactose et sans gluten, élaborée à partir de lait d’amande fermenté.
"L’idée était aussi de trouver une alternative aux produits laitiers pour les personnes intolérantes au lactose ou celles qui ont des difficultés pour le digérer. Je connais bien le problème car, en Asie, la population est largement concernée", explique le fondateur dont l’épouse est Chinoise. Cette alternative végétale permet aussi de limiter les impacts environnementaux. La production d’un litre de lait végétal nécessite, par exemple, 40 % d’eau en moins que celle d’un lait animal. Un an et demi de recherches et développement, avec des nutritionnistes et un cabinet spécialisé dans la fermentation, a été nécessaire pour mettre au point la recette de cette boisson qui sera commercialisée dès cet été.
Pour commencer, Minimiil proposera un "shot" de 60 ml aromatisé au cassis et à la myrtille. Conditionnée en petites bouteilles vendues 2,75 euros l’unité, la boisson est estampillée d’un Nutri-score A. "Nous sommes très fiers de cette note. Notre produit contient moins de 1 % de sucre et est riche en fibre. Et dans chaque shot, on retrouve 10 milliards de probiotiques. Nous avons été autorisés à apposer deux allégations de santé : bon pour la croissance et l’immunité", se félicite Fabien Marret. La production sera réalisée par Cocont, un atelier agroalimentaire implanté près de Clermont-Ferrand.
Démarrage et perspectives
Les pré-ventes des bouteilles sont déjà lancées sur le site internet de la marque. Minimiil est aussi en phase de référencement pour être distribuée dans les épiceries fines ou les grands magasins, notamment le Bon Marché. "Nous n’avons pas vocation à vendre Minimiil dans les grandes surfaces. Nous nous orientons plutôt vers les boulangeries car, comme le pain, notre produit est fermenté. Cela nous permettra d’avoir un bon maillage territorial", explique Fabien Marret.
L’objectif est aussi de lancer, d’ici la fin de l’année, un deuxième parfum avec une valeur ajoutée sur la santé. L’entrepreneur mise sur un chiffre d’affaires de 300 000 à 500 000 euros la première année, puis 2 millions d’ici deux ans. Les quatre associés ont investi 170 000 euros dans l’aventure. La jeune entreprise a également reçu une subvention de 50 000 euros du ministère de l’Agriculture et bénéficié d’un prêt en amorçage de 160 000 euros de Bpifrance.