Atlanpole Biothérapies, le pôle de compétitivité interrégional Pays de la Loire-Bretagne-Centre Val de Loire, a atteint la maturité. Il fédère 198 membres, parmi lesquels 145 entreprises de biotech, medtech et de santé numérique et intelligence artificielle. 11 nouveaux membres ont rejoint le pôle en 2022. Celui-ci représente 65 000 emplois (dont 6 500 emplois privés dans le secteur de la R & D).
50 ETI dans cinq ans
Depuis sa création en 2005, 908 projets ont été labellisés, dont 47 en 2022, pour un montant global supérieur à 1,8 milliard d’euros. "Atlanpole Biothérapie est arrivé à maturité avec des entreprises qui construisent des usines, qui font des essais cliniques, vendent des médicaments. Nous avons franchi un cap, c’est le résultat de 20 ans de travail. Il faut continuer. Nous comptons aujourd’hui 20 ETI. Dans cinq ans, nous en visons 50", déclare Franck Grimaud, président d’Atlanpole Biothérapies et directeur général de Valneva. L’écosystème nantais peut, en effet, se targuer de belles réussites avec, outre Valneva, des sociétés comme Affilogic, Clean Cells, Newclip Technics, Ose Immunotherapeutics, Xenothera… Le territoire se caractérise, par ailleurs, par un faible taux de sinistralité que le président du pôle attribue à une bonne sélection des projets, un accompagnement adapté et l’esprit entrepreneurial du territoire.
Risque de délocalisation
En revanche, le manque de financement persiste. "Depuis 20 ans, ce qui a progressé ce sont les tours d’amorçage. Mais nous atteignons un premier plafond pour les financements de 5 à 10 millions d’euros pour lesquels il n’y a pas assez de fonds, notamment régionaux. Nous nous heurtons à un second plafond pour financer les phases 2 et 3 qui peuvent coûter de 100 millions d’euros à 1 milliard", explique Franck Grimaud. Arrivées à ce stade de développement, trois solutions s’offrent aux entreprises : l’introduction en Bourse, l’appel à des fonds privés ou la recherche de partenaires. Mais aucune d’entre elles n’est totalement satisfaisante pour Franck Grimaud : la Bourse ne permet de financer qu’une petite partie des essais cliniques, l’obligation de trouver des partenariats implique que les biotechs n’aillent pas jusqu’à la mise sur le marché de leurs produits et, donc, ne deviennent pas des entreprises commerciales. Quant aux fonds privés, ils font cruellement défaut. "Il n’y a qu’un ou deux fonds privés en Europe, capables de risquer 50 à 100 millions d’euros sur une phase 3 qui a seulement une chance sur deux de réussir. Aux États-Unis, on en compte une trentaine", souligne le dirigeant, qui réitère son appel à la mise en place de fonds privés pour financer l’innovation dans le secteur de la santé. Faute de quoi, le risque est réel de voir des entreprises obligées de partir à l’étranger pour trouver des financements. Une situation qu’a vécue Clean Cells (140 salariés, 22 M€ de CA), malgré le soutien de Bpifrance. "En raison de lourdeurs administratives, cela fait huit mois que nous faisons une avance de trésorerie de 4,2 millions d’euros. Si le groupe n’avait pas été solide et si nous n’étions pas aussi attachés à la Vendée, nous aurions pu disparaître ou quitter la France ", témoigne Olivier Boisteau, son dirigeant.