Accueillie comme un soulagement par le comité d'entreprise, qui craignait une liquidation judiciaire, la décision du tribunal de commerce de Quimper de placer Asteel Flash Bretagne à Douarnenez en redressement judiciaire n'offre pourtant aucune garantie. Certes, les 134 salariés du site sont conservés. Mais pour combien de temps? La période d'observation de deux mois, sous administration judiciaire, permettra de dimensionner les effectifs pour maintenir un site profitable suivant le volume de commandes engagées. Pour le moyen terme, aucune option ne peut être écartée. Pas même celle d'une nouvelle cession du site. «C'est prématuré d'évoquer ces solutions. Néanmoins, j'ai pris acte du désaveu des salariés vis-à-vis de la direction, qui ont stoppé leur grève suite à la décision du tribunal de commerce. Dans ces conditions, tout est envisageable. L'issue peut être de trouver un partenaire économique. Si celle-ci est retenue, on y contribuera au mieux. Je n'ai aucun état d'âme», avance Gilles Benhamou, le P-dg du groupe Asteel.
Trois années délicates
Depuis 2006, les nuages noirs s'accumulent au-dessus de l'ancien site Matra puis Solectron, repris en 2002 par Asteel Flash Group (584millions de dollars de CA en 2008; 4.080salariés, dont 1.125 en France). Spécialisée en mécatronique (injection plastique et assemblage de cartes électroniques), Asteel Flash Bretagne n'est pas parvenue à se relever de trois facteurs: la perte d'un marché majeur d'intégration des cartes électroniques, la réduction du niveau de commandes (de 20 à 80%) de deux clients impactés par la crise et des diversifications non contractualisées. En deux ans, ce sont autant de plans sociaux qui ont été présentés. En 2008, Asteel avait enregistré 15 départs volontaires sur les 42 présentés par la direction. En mai dernier, le PSE de 44 licenciements n'a pas non plus trouvé d'issue, sauf celle de déposer le bilan. «La pilule est difficile à avaler car le site de Douarnenez n'a jamais fait l'objet d'investissement en terme de formation ou d'acquisitions», avance un membre du CE. La moyenne d'âge des salariés avoisinerait les 51 ans. «Les compétences existent en plasturgie. Nous étions prêts à donner une formation adaptée aux futurs nouveaux marchés avec ce second PSE. On pensait que la raison l'emporterait. C'est aberrant d'arriver à un tel résultat», répond Gilles Benhamou. Le CA d'Asteel Flash Bretagne était de 9,987M€ en 2008. Mais sur le même exercice, les pertes ont atteint 2M€. La maison mère injectait depuis deux ans 150.000 à 200.000€ par mois à Douarnenez. Dès lors, quid de l'avenir d'une activité qui ne représente plus qu'un 1% du revenu du groupeet qui ne fait pas partie de son coeur d'activité? Début de réponse le 4septembre prochain.
Le plan de licenciements initial de 44 salariés a vécu. Le tribunal de commerce de Quimper a placé le sous-traitant en plasturgie en redressement judiciaire. L'avenir demeure incertain.