L'enjeu du projet Ulcos (Ultra Low Carbon dioxide steelmaking) vise à réduire la production de gaz à effet de serre (CO2) lors de la fabrication d'acier. «L'objectif est de diviser par 2 les émissions de CO2 sans toutefois diviser par deux la production d'acier, précise Jean-Pierre Birat, expert coordinateur du projet Ulcos chez ArcelorMittal. Or, actuellement, les procédés existant ne permettent pas d'atteindre cet objectif.» Complexe, le projet Ulcos coordonné par ArcelorMittal prévoit de capturer le CO2 à la sortie du haut-fourneau, de le transformer en liquide, de le transporter par pipeline, puis de le stocker dans des réservoirs à plus de 1.500m sous terre. «Nous prévoyons de capturer entre 700.000 et un million de tonnes de CO2 par an à Florange, site choisi pour la mise en place du démonstrateur», souligne Denis Coulombet, responsable de l'usine à chaud de Florange et chargé de la coordination industrielle de Ulcos. Aujourd'hui, en cours de construction, le projet Ulcos mobilise une équipe d'une vingtaine de chercheurs, à Florange, qui planchent sur les modifications à apporter au haut-fourneau P6. À celle-ci s'ajoute une équipe de chercheurs de chez ArcelorMittal Research basée à Maizières-les-Metz. «Le fait d'installer le démonstrateur à Florange dont la production d'acier s'élève à 4.000 tonnes par an, garantit la viabilité du site. Cela va également permettre la création d'une industrie d'équipement spécifique», ajoute Jean-Pierre Birat.
85M€ déjà injectés
Colossal, l'investissement total pour mener à bien le programme Ulcos est estimé à hauteur de 650M€. Il devrait être financé par le Consortium d'industriels Européen dont ArcelorMittal, l'État, le Conseil Régional, et le Feder. «L'Ademe participe également puisqu'elle a subventionné la moitié des étudesréalisées», souligne Denis Coulombet. Jusqu'à présent près de 85M€ y ont déjà été injectés. Issu d'un programme de recherche de six ans, le projet Ulcos n'en est encore qu'à la phase d'avant-projet sommaire. Celle-ci prendra fin en février2011. Viendra ensuite jusque fin 2011 environ, la phase d'avant-projet détaillé. «Quant aux premières modifications du haut-fourneau, elles sont programmées pour le 3e trimestre 2013 et nous devrions pouvoir capturer le CO2 et le stocker fin 2015», prévient Denis Coulombet. A ce jour, le site de stockage n'a pas encore été clairement défini même si l'on sait déjà qu'il devrait se situer en Meuse.