Safilin, filateur de lin basé à Sailly-sur-la-Lys, dans le Pas-de-Calais, renonce à son ambition de relocaliser une partie de sa production. Sa filature régionale vient de fermer ses portes, entraînant le licenciement de 23 salariés.
Une volonté initiale de relancer la filière lin en région
Safilin (21,6 M€ de CA en 2024) est né dans les Hauts-de-France il y a presque 250 ans, fondée par la famille Salmon, toujours aux commandes. Entre 1990 et 2005, la filature a progressivement délocalisé son activité, comme tant d’autres. En avril 2022, le dirigeant Adrien Salmon fait ensuite le pari de lancer à nouveau une filature dans les Hauts-de-France, à Béthune (Pas-de-Calais). L’entreprise augmente ainsi ses capacités de production, tout en rapprochant son activité des lieux de culture du lin, une plante locale qui pousse le long de la côte entre la Normandie et les Pays Bas. Le projet devait conduire à la production d’un lin 100 % made in France.
Une conjoncture défavorable
Avec sa filature régionale, Safilin visait, dès 2024, production de 400 tonnes de fil, pour un chiffre d’affaires de 6 millions d’euros et une cinquantaine de salariés. À titre de comparaison, la filature produit 4 000 tonnes de lin chaque année en Pologne, avec près de 350 salariés. Mais ce projet de relocalisation d’une filière lin a été grevé par la hausse des prix de l’énergie, de mauvaises récoltes de lin ces dernières années, qui ont provoqué une envolée des prix et enfin, un manque de soutien politique sur le made in France. Cette fermeture ne remet pas en cause la poursuite de l’activité de la filature en Pologne.
Remboursement des subventions perçues ?
Dans un courrier adressé ce vendredi à Safilin, le président de Région Xavier Bertrand prend acte de cette cessation d’activité, reconnaissant les "difficultés conjoncturelles, auxquelles [la filature] a été confrontée". Il demande toutefois le remboursement des subventions perçues. À savoir 400 000 euros, un montant obtenu successivement en 2021 et 2022, au titre du dispositif "aide au développement des grandes entreprises". Mais aussi 100 000 euros, pour une subvention versée cette fois par la communauté d’agglomération Béthune-Bruay Artois Lys Romane, au titre du dispositif "d’aide à l’immobilier d’entreprise".