L’univers de la Brasserie Ragnar s’étoffe. Après sa marque Ragnar, dédié aux Vikings, le brasseur basé à Oissel (Seine-Maritime) vient de lancer Snekar, une gamme dédiée à l’identité normande, et lancera Oko en 2026, une troisième marque destinée au bio et au sans-alcool. Autant de projets permis grâce à un investissement conséquent pour augmenter sa production.
1,25 million d’euros de chiffre d’affaires en 2025
En trois ans, la Brasserie Ragnar a injecté 3 millions d’euros dans son entreprise, dont la majeure partie grâce à un emprunt bancaire. La somme peut sembler faible par rapport à d’autres secteurs de l’industrie, "mais dans le milieu de la brasserie artisanale, c’est colossal", assure Pierre-Marie Soulat, fondateur de la Brasserie Ragnar en 2018. En croissance de 25 % sur l’année, la brasserie table sur un chiffre d’affaires de 1,25 million d’euros en 2025.
L’investissement principal de la brasserie depuis 2022 (1,2 million d’euros) a concerné l’acquisition de nouvelles machines. "Il s’agit d’une unité de brassage et de conditionnement, qui a nécessité 18 mois de préparation et prototypage", précise Pierre-Marie Soulat. Le montant investi permet à la brasserie de diminuer la pénibilité de certains postes et d’investir davantage de temps et de personnes dans les métiers annexes de communication et d’événementiel.
Doublement de son parc de vente
La brasserie vient donc de lancer en novembre 2025 sa deuxième marque de bière, Snekar, pour attaquer un nouveau marché : la grande distribution. Celle-ci représente 85 % des ventes de bières en Normandie. "C’est là que se trouve notre potentiel de croissance", explique Pierre-Marie Soulat. Aujourd’hui présente dans près de 600 points de vente, la Brasserie Ragnar s’apprête à doubler son parc de vente, avec 648 supermarchés dans la région.
Le patron Normand ne compte pas s’arrêter là. Face à la baisse du marché de la bière ces dernières années en France, il mise sur la tendance du bio et du sans-alcool pour continuer à croître. À partir de 2026, Brasserie Ragnar lancera la marque Oko pour viser ce nouveau public.
Proposer une expérience autour de la bière
En plus de son activité de brassage de bière, l’entreprise dispose de trois bars ouverts de manière saisonnière, dans des lieux atypiques, comme un moulin à Louviers ou une ancienne église à Rouen. La PME de 15 personnes revendique cette approche "multi-métiers" de la brasserie, pour impulser un effet de communauté. "Il faut proposer plus qu’une bière, et investir l’aspect émotionnel. Les clients ont envie de vivre une expérience", souligne le fondateur de Brasserie Ragnar. Par ailleurs, la vente dans ses propres bars permet au brasseur de garder des liquidités à l’intérieur de la société, pour amortir les délais de paiement des fournisseurs et réinvestir l’argent dans la brasserie elle-même.