En 2025, la Brasserie Champigneulles (220 salariés ; CA 2024 : 191 M€) a vendu 2,3 millions d’hectolitres de bières et de boissons softs, alors que sa capacité de production peut s’étendre jusqu’à 4 millions d’hectolitres par an. Un chiffre en diminution par rapport aux années précédentes. "Cette baisse est en partie due à la forte diminution du marché des bières haut de gamme. À l’inverse, il y a une plus forte demande en bières spécialisées", avance Patrice Colin, le directeur de la brasserie.
Pour se démarquer aujourd’hui, l’entreprise mise ainsi sur des segments en progression comme les bières désalcoolisées, mais aussi les softs. "C’est un business en augmentation constante […] La nouvelle génération consomme différemment et boit moins d’alcool", appuie le dirigeant. Installée dans la ville du même nom, en Meurthe-et-Moselle, la Brasserie Champigneulles est une propriété du groupe brassicole allemand TCB.
25 % de softs et de bières désalcoolisées
Ces deux types de boissons représentent aujourd’hui près de 25 % des ventes de la Brasserie Champigneulles. La moitié de ce pourcentage est occupée par les softs. Le reste est représenté d’un côté par les bières désalcoolisées pour lesquelles la brasserie retire entièrement l’alcool après la fermentation, de l’autre par les bières dites sans alcool (qui paradoxalement peuvent contenir jusqu’à 0,5° d’alcool). Dans ce second cas, la fermentation est arrêtée très tôt.
Cola et boissons énergisantes
L’entreprise a adapté ses process il y a six ans, pour un investissement qui se compte en "millions d’euros". "La production de ces softs est un process nettement plus simple que la bière. Nous les commercialisons pour les marchés anglais et allemand notamment. Ces boissons sont plutôt orientées sans sucre", poursuit Patrice Colin. La brasserie a développé 60 à 70 recettes de boissons softs différentes, parmi lesquelles du cola et diverses boissons énergisantes. Un chiffre toutefois encore insuffisant au goût de l’entreprise. "Nous avons les installations. Maintenant, il faut préparer de nouvelles recettes", complète Dominique Geslin, responsable énergie et environnement à la Brasserie Champigneulles.
Des innovations en packaging
En parallèle, la Brasserie Champigneulles s’adapte à la demande en matière de packaging. Dans l’objectif de réduire la quantité de carton utilisée pour emballer les boissons, l’ETI s’est dotée d’une nouvelle encartonneuse permettant de retenir un pack de bouteilles ensemble sans les entourer complètement. "La demande va vers ce type de packaging, certains industriels nous demandent de faire le pas", précise Dominique Geslin. Un investissement d’un million d’euros, comprenant la nouvelle machine et l’achat d’un nouveau convoyeur.
De nouveaux investissements énergétiques
Après avoir engagé près de 10 millions d’euros d’investissement en 2022, pour abaisser la consommation énergétique du site, la Brasserie Champigneulles poursuit par ailleurs ses engagements en préparant un projet photovoltaïque. L’opération vise à installer près de 18 000 mètres carrés de panneaux photovoltaïques sur un terrain appartenant à l’entreprise, pour produire près de 10 % de la consommation énergétique du site. Commandé en 2024, le projet devrait être livré en septembre 2027. En parallèle, l’ETI lorraine envisage de méthaniser elle-même ses affluents, pour produire du biogaz. Un cabinet a été mandaté par l’entreprise pour réaliser la cartographie de ses déchets, afin de pouvoir organiser un appel d’offres dans un second temps. La Brasserie Champigneulles fait déjà méthaniser une partie de ses affluents, avec un partenaire extérieur.