La SAS héraultaise Liquid Art Brewing (36 salariés, CA 2024 : 8,5 M€) continue à grandir sur ses deux jambes. D’une part, GuruBeer s’est imposée, depuis 2015, comme l’un des deux leaders de la distribution de bières artisanales en France (600 références en catalogue), au coude à coude avec le parisien DBI. D’autre part, l’activité brassicole, lancée en 2019 autour de la marque Prizm, devient le plus gros vecteur de croissance, avec 5 millions d’euros de chiffre d’affaires à elle seule en 2024.
Triplement de la production
De fait, Prizm accueille à son capital deux nouveaux actionnaires, le grossiste marseillais Montaner Pietrini Boissons et le corse Brasserie Pietra. Ce renfort financier permettra au brasseur héraultais d’investir 2 millions d’euros en quatre ans pour renforcer son site de production, à Vendargues (Hérault) près de Montpellier. "Montaner Pietrini nous amène un réseau de distribution (12 000 clients et 17 entrepôts, NDLR), tandis que Pietra nous apporte un important savoir-faire brassicole, avec de nombreux débouchés à la clef. Nous allons passer de 10 000 à 30 000 hectolitres annuels en quatre ou cinq ans, alors qu’un tel saut de production nous aurait pris quinze ans au rythme actuel", évalue Julien du Tremblay, fondateur de GuruBeer et Prizm.
De nouvelles capacités productives
Les deux sociétés sont logées dans un site de 1 800 m2 (dont 1 000 m2 pour Prizm), auquel s’est ajouté un deuxième bâtiment de 2 600 m2 à vocation logistique, bâti en 2021 moyennant 4,2 millions d’euros d’investissement. Grâce à ses nouveaux actionnaires, Prizm va renforcer ses capacités de production, avec l’achat d’une troisième cuve de fermentation, d’une chaudière et d’un système de récupération du CO2. "Nous avions aussi aménagé un bar à bières sur le site, avant d’en ouvrir quatre autres hors de Montpellier. C’est cet embryon de réseau de distribution qui, à l’origine, nous a poussés à basculer vers le métier de brasseur", explique le dirigeant.
La grande consommation en demande
Prizm a été créée pour occuper le créneau du haut de gamme, avec deux bières fixes et quatre bières éphémères par an. Mission accomplie : la marque a obtenu la meilleure note chez les brasseurs français sur "Untappd", application permettant de rechercher et évaluer les bières artisanales.
Puis, en 2022, Prizm a lancé une deuxième marque, nommée "Vndl" (prononcer "Vandal"), à destination de la grande consommation. Un démarrage plus que réussi, puisque Vndl s’écoule déjà à 7 000 hl/an, contre 3 000 hl/an pour Prizm. "Le marché des bars à bières stagne, mais la demande explose dans les bars traditionnels. Les gérants sont sensibles à des tarifs plus intéressants que ceux des brasseurs institutionnels. De même, le goût pour une consommation locale progresse encore chez les acheteurs", évalue Julien du Tremblay.
Croître après l’âge d’or
De fait, l’activité de distribution suit ces évolutions. Après un vif engouement populaire dans la période 2021-2022, qui a vu s’envoler le nombre de bars à bières en France, ce chiffre a atteint un plafond depuis trois ans. De ce fait, GuruBeer s’affichait en repli de 8 % en 2024 même si la société, sous contrat avec 60 brasseries artisanales localisées dans plus de 15 pays (États-Unis, Angleterre, Danemark, Écosse…), dispose encore d’une belle force de frappe. "Nous devrions retrouver la croissance en 2025, autour de 20 %, car nous continuons à intégrer de nouveaux brasseurs à notre catalogue", se projette le dirigeant.