Après le rachat des Transports Adam, le groupe Vingeanne souhaite se structurer
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Après le rachat des Transports Adam, le groupe Vingeanne souhaite se structurer

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En Haute-Marne, le groupe Vingeanne boucle une seconde croissance externe en deux ans en finalisant le rachat de son confrère, les Transports Adam, dans le même département. L’entreprise espère désormais se structurer pour intégrer ces deux opérations et mener de front sa transition énergétique, avec l’achat de quatre véhicules électriques au programme.

Vingeanne signe sa deuxième acquisition en deux ans. Le groupe haut-marnais compte désormais 500 collaborateurs dont près de 270 conducteurs — Photo : Vingeanne Transport

En 2025, le groupe de transport Vingeanne rachetait son confrère, le vosgien Transports Jean Rouillon (170 salariés). Un an plus tard, le Haut-marnais agrandit une nouvelle fois ses effectifs, en faisant l’acquisition des Transports Adam (30 salariés ; CA : 3,5 M€), à Joinville, en Haute-Marne.

Implanté à Longeau-Percey, le groupe Vingeanne (CA : 75 M€) compte désormais 500 collaborateurs dont près de 270 conducteurs et 250 véhicules moteurs. "Sur les acquisitions, nous allons lever un peu le pied pour deux à trois ans. L’objectif est de structurer l’existant, mais nous ne sommes toujours pas fermés si une nouvelle opportunité se présente", avance Cyril Plâ, à la tête de l’entreprise avec son frère Jérôme Plâ, qui occupe la présidence.

Renforcer la partie logistique

"Nous connaissions les Transports Adam car ils étaient aussi membres du groupement Astre", lance Cyril Plâ. L’intégralité des salariés de Transports Adam et le site de Joinville sont repris par Vingeanne. "L’enjeu, c’est surtout les conducteurs, qui sont déjà formés, sachant que le recrutement est aujourd’hui difficile. Ce qui est également intéressant, c’est que nous n’avions aucun client en commun", poursuit le directeur général.

Transports Adam opère principalement dans le transport conventionnel de marchandises, mais l’entreprise est également présente sur les secteurs de la logistique et du transport exceptionnel. "Pour l’instant, nous ne prévoyons pas d’investissements sur ce nouveau site, mais nous pensons qu’il sera possible de développer la partie logistique, à plus long terme", vise Cyril Plâ. Ce développement pourrait notamment se concrétiser par un agrandissement des locaux.

Un nouvel entrepôt dans les Vosges

Une option déjà choisie par le groupe Vingeanne, dans les Vosges. Concernant sa filiale, Transports Jean Rouillon, l’entreprise avait annoncé en 2025 prévoir un projet de construction d’un nouveau bâtiment logistique de 12 000 mètres carrés à Éloyes. Le lancement du projet a finalement été décalé d’un an. "Avec le contexte actuel, nous préférons rester prudents", justifie le dirigeant.

"Avec les prix du carburant qui explosent, le contexte est difficile en ce moment"

La construction est à ce stade encore en discussion avec Les Petits Culottés, distributeur de couches écologiques dont le siège est à Paris, et futur client de l’entrepôt logistique. "Le client nous accompagne sur l’investissement", poursuit Cyril Plâ. À ce stade, le montant de l’investissement engagé n’est pas communiqué. "Avec les prix du carburant qui explosent, le contexte est difficile en ce moment. Le risque est que ces hausses fragilisent le marché", redoute le directeur général.

2 millions d’euros pour la transition énergétique

Ce changement d’échelle devrait permettre au groupe Vingeanne de se concentrer sur sa transition énergétique. Le groupe a investi dans 4 véhicules tracteurs électriques, de la marque Mercedes, qui devraient rouler à partir de juin 2026. Ces derniers feront des navettes entre l’Ile de France et le quart Nord-Est de la France. En parallèle, deux sites situés sur la zone d’activité de Langres Sud, en Haute Marne, et à Combs-la-Ville, en région parisienne, seront équipés de bornes de recharge poids lourds.

Des aides de l’Ademe et de l’association Avere France

Les quatre véhicules électriques représentent près d’un million d’euros d’investissement, doublés d’un second million pour l’installation des stations de recharge. L’opération est soutenue par le guichet "Tremplin pour la transition écologique des PME" de l’Ademe, pour 90 000 euros par tracteur. Quant à l’installation des stations elle est soutenue par le programme de financement de bornes de recharge pour véhicules électriques Advenir, piloté par l’association Avere France. Le groupe Vingeanne est également en discussion avec le GIP Haute-Marne pour débloquer des aides supplémentaires.

Une seconde marche en 2027

"Nous avons des clients intéressés par l’électrique, mais pas encore de demandes concrètes : l’objectif était d’anticiper. Désormais, l’objectif est d’avoir des coûts qui soient pour nous équivalents à ceux des véhicules diesels. Nous y arriverons en optimisant au maximum les kilomètres parcourus par les tracteurs électriques et en négociant les prix de l’énergie. Ensuite, nous irons chercher des clients pour leur vendre cette solution", souffle Cyril Plâ.

En 2027, le groupe Vingeanne envisage de nouveaux investissements dans des véhicules électriques. "Notre station de recharge en Haute-Marne sera calibrée pour accueillir jusqu’à 15 véhicules", anticipe le directeur général. À plus long terme, l’entreprise pourrait également engager des investissements pour doter d’autres sites, comme celui de Jean Rouillon, de bornes de recharge.

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