Près de Metz, les salariés d’UX-Key peuvent effectuer une séance d’activité physique par semaine, avec un coach spécialisé, directement dans les bureaux où ils travaillent. Ils participent également à des défis collectifs dont l’objectif est de renforcer leur mobilité et ont accès à du matériel ergonomique, comme des bureaux assis-debout. Des actions mises en place après le Covid, par Loïc Cueroni, le dirigeant de l’entreprise opérant dans l’ergonomie des logiciels et des sites web.
"Après avoir affronté un Covid grave, j’ai modifié l’environnement de travail de mon entreprise", décrit-il. Touché par une maladie auto-immune, le cofondateur d’UX-Key est resté un mois dans le coma après avoir attrapé le Covid. Ayant perdu près de 20 kg de masse musculaire, Loïc Cueroni a suivi une rééducation intensive, qui s’est poursuivie après avoir repris le travail, en 2022. "Le coach venait directement au bureau avec les équipements pour une séance de 45 minutes par semaine. C’était plus conciliable avec mon quotidien de chef d’entreprise qu’une séance à l’extérieur", poursuit-il. À l’issue des six mois de rééducation, le dirigeant, alors âgé de 38 ans, décide de continuer les séances d’exercice. Et de les ouvrir aux autres salariés d’UX-Key (CA 2024 : 4,5 M€), qui sont 25 à travailler dans les bureaux messins de l’entreprise.
10 à 25 % de participation
"Je n’aime pas dire que c’est du sport, dans le sens où le but n’est pas d’entrer en compétition, de le faire pour la performance. Je décrirais plutôt ces séances comme de l’activité physique, liée à la prévention. L’approche est plus médicale, centrée sur le ressenti et les possibilités de chacun. Le coach adapte les exercices en fonction de chacun. Par exemple, parfois, je suis ces séances en costume", observe Loïc Cueroni. Les séances ont lieu dans les bureaux de l’entreprise, et ne nécessitent que peu d’équipements, comme des élastiques de sport par exemple. À ce stade, 10 à 25 % des salariés de l’entreprise participent à ces séances. "Souvent, ce ne sont pas les mêmes qui viennent", ajoute-t-il. L’entreprise débourse quelques dizaines d’euros pour chaque séance.
"L’objectif est de contribuer à lutter contre la sédentarité. Pour nous, salariés travaillant dans des bureaux, c’est le premier risque professionnel"
Un premier pas qui a encouragé l’entreprise à engager ensuite près de 5 000 € d’investissements en 2024, soutenus par la Région Grand Est, pour équiper les bureaux d’UX-Key de tapis de sport, de pédaliers de bureau, ou encore de bureaux assis-debout. "L’objectif est de contribuer à lutter contre la sédentarité. Pour nous, salariés travaillant dans des bureaux, c’est le premier risque professionnel", mesure le dirigeant. La sédentarité peut en effet être associée à des effets négatifs sur la santé, comme des pathologies cardiovasculaires ou des troubles musculosquelettiques. "Dès 6 000 à 7 000 pas faits dans la journée, on ressent des effets positifs. À titre personnel, je constate que cela diminue mon stress", énumère Loïc Cueroni.
Deux mois consacrés au sport
En parallèle, UX-Key a proposé à ses équipes de se focaliser sur le sport, sur la base du volontariat, durant deux mois dans l’année. "L’objectif est de mettre en place des défis durant ces mois, avec des challenges et des récompenses", poursuit le dirigeant. En octobre 2025, durant l’un de deux mois consacrés au sport, l’entreprise a réservé pour une matinée un gymnase dans le but d’organiser des "olympiades" pour ses collaborateurs et de pratiquer des challenges sportifs tous ensemble.
S’adapter au Code du travail
"Nous avons préféré acheter des élastiques plutôt qu’un banc de musculation. C’est une activité à la fois plus douce et qui génère moins de risques d’accidents", mesure Loïc Cueroni. Afin de prévenir tout risque et de s’assurer d’être en règle avec le Code du travail, le dirigeant a consulté l’Union des Entreprises de Moselle (UE57) pour être conseillé dans cette transition. "Par exemple, les textes étaient contradictoires sur l’installation ou non d’une douche. En l’occurrence, nous n’avons pas la possibilité d’en installer une", continue-t-il. Plus encore, lorsque du sport est mis en place dans une entreprise, la loi, en réglementant l’activité, peut parfois la complexifier. "Ce qui est vraiment dommage, c’est qu’en tant que chef d’entreprise, on a peur de mettre ce genre d’initiatives en place, parce qu’il y a une logique de répression. Tout de suite, tous les voyants s’allument, on a peur qu’il y ait un accident, c’est compliqué".