Les Malouins ont souvent aimé partir à l’étranger. C’est le cas de Janus Engineering. Intégrateur de solutions logicielles pour l’industrie, il accompagne ses clients français sur le territoire national d’abord, mais de plus en plus en les équipant dans leurs implantations internationales. Il a ainsi ouvert deux nouvelles filiales en 2024 à Tanger (Maroc) et Sousse (Tunisie). "Nous y sommes allés pour répondre à la demande de nos clients français du secteur de l’aéronautique qui y ont implanté des succursales, explique Nicolas Simon, PDG de Janus Engineering. L’enjeu pour l’industrie française est fort et nous devons nous adapter en y implantant aussi des équipes dédiées." Quatre à cinq salariés sont ainsi sur place dans chaque pays.
Élaboration de jumeaux numériques
Leur métier consiste à vendre et installer des logiciels Siemens, pour lesquels Janus Engineering est l’intégrateur officiel pour la France. L’entreprise bretonne propose aux industriels des outils digitaux du groupe allemand, mais aussi des développements spécifiques avec des briques additionnelles, grâce à son bureau d’études composé d’ingénieurs. "Nous travaillons beaucoup sur le jumeau numérique de produits, de machines et même de lignes de production", détaille Nicolas Simon. Janus crée la représentation 3D d’un produit, pour optimiser les coûts et les temps de R & D et de développement de prototypes. "C’est un gain de 70 à 80 % de temps, poursuit le dirigeant. Pour les lignes de production et les machines, cela permet de faire des essais numériquement sur le dimensionnement, sur la cadence, et de visualiser le comportement d’une machine avant de lancer une production. Pour les industriels, c’est essentiel dans une compétition internationale."
7 filiales à l’étranger
Ses clients sont à 30 % des entreprises de l’aéronautique de défense, à 30 % de l’industrie manufacturière, et pour le reste du médical (prothèses…) ou de l’énergie. Janus Engineering réalise 4,5 millions d’euros de chiffre d’affaires en France, avec 28 collaborateurs. Dans le monde, elle atteint 21 millions d’euros avec 145 salariés répartis dans 7 filiales. "Nous travaillons avec un groupement d’actionnaires, en Allemagne et en Suisse avec qui nous partageons le capital de toutes les filiales, qui portent toutes la même marque Janus", précise Nicolas Simon. Lui détient toutefois seul la société française. Il pilote également en direct la filiale tunisienne. Janus Engineering est par ailleurs implanté en Autriche, en Hongrie et aux États-Unis. "À court terme, nous souhaitons ouvrir des filiales en Espagne, Portugal et Italie, en 2026. Nous y sommes présents pour nos clients mais voulons davantage nous y développer."
"Nous portons depuis Saint-Malo le contrat pour Siemens sur toute l’Afrique."
En parallèle, fort de ses implantations récentes au Maghreb, Janus est sollicité par de nouveaux clients en Afrique noire, où il accélère. "Nous portons le contrat pour Siemens sur toute l’Afrique", se satisfait Nicolas Simon.
Diversification vers les joailliers de luxe
Pour continuer son développement en France, le dirigeant a par ailleurs commencé à intégrer le marché de l’industrie de la joaillerie de luxe, "qui a besoin de se transformer." Labellisé France 2030, Janus poursuit également son développement dans son secteur de prédilection de l’aéronautique. Il est en effet partie prenante du groupement MTRobotics, un projet collaboratif avec V.L.M, Naval Group, CETIM et École Centrale de Nantes. Il développe une robotique française pour faire émerger un schéma industriel de fabrication additive hybride à la demande de pièces métalliques de grande dimension.