Après l’annonce en janvier 2025 d’un plan de suppressions de 40 % de ses effectifs et le report de son projet d’usine à Longlaville (Meurthe-et-Moselle) annoncé en novembre dernier, la deeptech clermontoise Carbios (130 salariés), spécialiste du biorecyclage des plastiques vit un nouveau séisme avec la démission "pour divergences stratégiques" de son président fondateur Philippe Pouletty.
Ce dernier assurait l’intérim de la direction depuis le 18 décembre après le limogeage d’Emmanuel Ladent, un ex-Michelin à la tête du groupe depuis 2021.
3e gouvernance depuis fin 2024
Suite au départ de Philippe Pouletty, une nouvelle gouvernance bicéphale a été immédiatement mise en place. Isabelle Parize a été nommée présidente du Conseil d’administration et Vincent Kamel, directeur général.
Isabelle Parize est directrice générale de Delsey et membre du Conseil d’administration de Carbios depuis 2022. Elle a commencé sa carrière chez Procter & Gamble, où elle a occupé des postes stratégiques en marketing et en gestion de marques pendant 13 ans avant de rejoindre Henkel où elle accède au poste de vice-présidente EMEA. Après une expérience chez Canal Sat, le groupe média français, elle poursuit ensuite sa carrière dans le secteur de la beauté en devenant en 2011 présidente du directoire de Nocibé, l’une des enseignes majeures de la parfumerie en France. En 2015, elle est nommée directrice générale de Douglas AG, un géant européen de la parfumerie, où elle pilote la modernisation de l’entreprise.
Un nouveau DG passé par Rhône Poulenc et Solvay
Vincent Kamel est engagé dans le développement de Carbios depuis 2021, en tant qu’administrateur puis, depuis décembre 2024, en tant que conseiller auprès de la direction générale. Il affiche plus de 38 ans d’expérience dans les industries des polymères et de la chimie, a occupé des postes de direction générale dans des entreprises telles que Rhône-Poulenc, Rhodia et Solvay, tant en France qu’à l’étranger (Chine, Corée du Sud, Brésil). Il a notamment été directeur général de la division polyamide de Solvay, directeur de la business unit Coatis et directeur pour l’Asie dans le secteur des plastiques techniques.
Trouver des financements
Le nouveau duo va devoir enrayer la spirale infernale dans laquelle semble être tombée depuis décembre 2024, Carbios, dont le siège et le démonstrateur industriel se trouvent à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) sur le parc Cataroux, site historique de Michelin reconverti en accélérateur d’innovation. Après l’annonce d’un report de "six à neuf mois" des travaux de construction de son usine de biorecyclage du PET à Longlaville (Moselle), les travaux devraient reprendre entre juin et septembre 2025 "dans l’attente de la conclusion des financements complémentaires dans des conditions satisfaisantes", indique un communiqué.
Carbios développe des procédés biologiques à base d’enzymes pour déconstruire les plastiques avec pour mission d’éviter la pollution plastique et textile, et d’accélérer la transition vers une économie circulaire. Ses deux technologies innovantes dédiées au biorecyclage du PET et à la biodégradation du PLA étaient en phase de montée en échelle industrielle et commerciale, fondée sur des partenariats industriels dans le monde entier.