Après la Guyane, Oman. Alors que Latitude avait annoncé préparer le premier départ de Zephyr, son lanceur de petits satellites, depuis Kourou, en Guyane, l’entreprise amorce un virage. Bien que Latitude (170 salariés) conserve ses positions en Guyane, l’entreprise va accéder à un deuxième pas de tir. Spécialisée dans la conception et la fabrication de petits lanceurs, la start-up rémoise annonce la signature d’une lettre d’intention avec Etlaq Spaceport, premier site de lancement commercial du Sultanat d’Oman et du Moyen-Orient.
Le document vise la réalisation du premier tir expérimental de Latitude depuis le spaceport omanais, fin 2027. Une première marche, qui devrait conduire à une collaboration plus longue entre les deux parties. "Notre objectif est d’atteindre les 50 tirs par an d’ici 2033-2024 : nous aurions engorgé le pas de tir guyanais, il nous en fallait un deuxième, en complémentarité", lance Olivier Zarrouati, président du comité stratégique de Latitude.
Des conditions favorables à l’optimisation des trajectoires
"Travailler avec des partenaires tels que Latitude renforce nos capacités et témoigne de la confiance croissante des acteurs internationaux envers Oman comme futur hub spatial", avance Azzan Kais Al Said, le dirigeant d’Etlaq Spaceport. Situé à 18° de latitude nord, le site omanais bénéficie d’une position géographique favorable aux lancements et au déploiement de satellites. "Pour comprendre pourquoi ce site est intéressant, il suffit de regarder la carte du monde. Pour tirer un lanceur, nous avons besoin d’un espace dégagé, proche de l’océan, non traversé par des lignes aériennes, peu habité et pas trop loin de chez nous", énumère Olivier Zarrouati.
Depuis quelques semaines, les équipes opérationnelles des deux organisations travaillent conjointement sur les aspects liés à l’intégration du lanceur, aux infrastructures au sol, aux opérations de lancement et aux exigences réglementaires associées à la mission. "Cette phase préparatoire permettra d’évaluer avec précision les conditions techniques et opérationnelles nécessaires à la réussite de cette première campagne", appuie Latitude, dans un communiqué.
Une importante phase d’accélération
Une étape qui intervient pour Latitude peu après la signature d’un contrat majeur avec le suisse WiSeSat, pour organiser au minimum cinq lancements de satellites d’ici 2029. Plus encore, l’entreprise a consacré en 2026 près de 50 millions d’euros pour son passage au stade industriel sur un site de 25 000 m², à Reims.
Pour piloter ces mutations, la start-up prévoit la nomination au 1er août 2026 d’un nouveau président à sa tête. Il succédera à Aurélie Bressollette, nommée fin 2024, qui a quitté la société début 2026. L’identité du nouveau dirigeant est pour l’heure gardée confidentielle par Latitude.