Après cinq ans de procédure, le centre de tri des déchets Unitri démarre ses essais
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Après cinq ans de procédure, le centre de tri des déchets Unitri démarre ses essais

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À cheval sur les Deux-Sèvres et le Maine-et-Loire, le nouveau centre de tri des déchets recyclables Unitri a démarré une phase de tests. À compter de la fin de l’année, il traitera les déchets ménagers recyclables de 13 collectivités, soit un million d’habitants. Il aura coûté 40 millions d’euros auxquels s’ajouteront 42 millions pour la délégation d’exploitation.

Unitri (ici, en phase de montage) va traiter 48 000 tonnes de déchets ménagers chaque année — Photo : Unitri

Le 3 mars, le centre de tri Unitri a commencé ses essais à vide. Cette étape sonne comme un soulagement pour les porteurs de ce projet pharaonique, qui aura coûté 40 millions d’euros, principalement financés par l’emprunt et quelques subventions. Il a nécessité cinq années de procédures et des mois de construction depuis novembre 2023. Dans 10 000 m2 de bâtiments, Unitri va trier chaque année 48 000 tonnes les déchets ménagers recyclables d’un million d’habitants. Le projet associe 13 collectivités de cinq départements, sur deux régions. Le site de 8 hectares, comme les bâtiments, se trouve de part et d’autre de la frontière, entre La Tessoualle, en Maine-et-Loire, et Loublande (commune nouvelle de Mauléon), dans les Deux-Sèvres.

Le site d’Unitri s’étend sur 8 hectares, les bâtiments sur 10 000 m², à cheval sur deux régions — Photo : Unitri

La réception définitive attendue fin 2025

Lundi 17 mars, les premiers tonnages de déchets sont arrivés. La montée en puissance s’étalera sur dix semaines. Dès lors, et pendant six mois, la mise en service industrielle permettra au constructeur allemand Hoffmann Group (1,3 Md€ de CA, 4 000 collaborateurs), qui a monté l’équipement, de valider les performances de l’outil et à la société publique locale (SPL) Unitri de s’assurer que les gestionnaires délégataires assurent correctement les opérations. "Fin 2025, nous réceptionnerons l’outil et l’exploitation démarrera pour six ans", explique Antoine de Contencin, directeur de la SPL. Cette exploitation sera réalisée par le groupe angevin Brangeon (255 M€ de CA 2023, 1 500 salariés), associé au groupe mayennais Séché Environnement (1,15 Md€ de CA 2024, 6 100 salariés) dans Trinovia. Le premier assurera l’exploitation proprement dite quand le second déploiera son expertise pour la maintenance. Environ 42 millions d’euros supplémentaires seront affectés à cette délégation.

Unitri a accueilli ses premiers déchets à traiter lundi 17 mars — Photo : Unitri

70 employés sur le site

Les lignes de tri sont équipées d’une dizaine de trieurs optiques, qui reconnaissent et éjectent automatiquement trois types de matériaux. Une quarantaine d’agents de l’entreprise d’insertion Trait d’Union, filiale du groupe vendéen Estille (30 M€ de CA 2023, 750 ETP), assureront le reste des tâches. S’y ajouteront une trentaine de salariés de Brangeon et de Séché en charge de la conduite d’engins, de la maintenance et de l’administration. La phase de test qui a démarré est l’occasion pour eux de s’acclimater à ce nouvel outil. La SPL, avec son directeur et quelques salariés, assurera le suivi.

Des Deux-Sèvres au nord de la Loire-Atlantique

À l’origine, dans les années 2016-2017, le projet Unitri avait été porté par le syndicat mixte des Mauges Valor3e et l’Agglo du Bocage Bressuirais dont le centre de tri arrivait en fin de vie. La réflexion les a conduits à élargir la zone de chalandise et associer d’autres collectivités pour élaborer un outil plus gros et réaliser des économies d’échelle. Le territoire concerné couvre l’ensemble des Deux-Sèvres, le Choletais, jusqu’au nord de la Loire-Atlantique. La SPL a vu le jour en janvier 2019 aboutissant à l’attribution du marché public global de performance au groupement d’entreprises retenu (Brangeon Environnement, Séché Environnement, Hoffmann, EGDC, Setec, Triade), en mars 2020, à la veille du confinement…

Retardé par la crise sanitaire, renchéri par les conséquences de la guerre en Ukraine, Unitri aura aussi dû composer avec trois ans procédures administratives et environnementales. "Le fait d’être à cheval sur deux régions n’a pas aidé", glisse Antoine de Contencin, qui a dû traiter avec deux préfectures, deux DREAL, etc. Désormais, le tri peut avancer au trot.

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