Troisième région de France pour les cadres avec 7% des effectifs nationaux, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur recense 211.000 cols blancs à fin 2014 et continue de recruter. Concentrés à 76% dans les Bouches-du-Rhône et les Alpes-Maritimes, ils travaillent à 70% dans les services et dans l'industrie (13%). Pour Bruno Jonchier, délégué territorial de l'Apec, la constitution de la métropole d'Aix-Marseille-Provence, constituera indéniablement un facteur d'attractivité.
A la différence de l'emploi salarié, l'emploi des cadres continue de progresser. Ainsi, la région Provence-Alpes-Côte d'Azur recrute même si le rythme de croissance a diminué en raison de la crise. «Nous sommes passés de 9.610 recrutements de cadres en 2013 à 8.070 en 2014. Les entreprises ont freiné leurs investissements et réduit leurs efforts de R&D. La région a enregistré néanmoins 1.400 créations nettes d'emploi cadre en 2014. Pour 2015, nous anticipons un redémarrage», analyse Bruno Jonchier, délégué territorial de l'Apec depuis un an. En effet, les prévisions d'embauche des cadres font état d'une croissance de 5% en 2015. Une progression toute relative eu égard à la hausse annoncée de 10% en Ile-de-France.
Chargée d'accompagner les cadres tout au long de leur carrière professionnelle, l'Apec recense quatre principales zones d'emploi des cadres dans la région : Marseille-Aubagne (31%), Nice (13%), Aix (12%) et Cannes-Antibes (11%). Compte tenu de la forte proportion de cadres également présents dans le Var (10%), l'Apec a ouvert en avril une agence à Six Fours-les-Plages.
Un TGV entre Marseille et Nice
«Avec 211.000 cadres, nous sommes la troisième région de France derrière l'Ile-de-France et Rhône-Alpes. Cependant, avec la réforme territoriale, nous allons passer à la 4e place, derrière la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie», fait remarquer Bruno Jonchier.
Selon lui, la création de la métropole Aix-Marseille-Provence aura des retombées positives sur l'emploi cadre, elle devrait favoriser les recrutements. Aujourd'hui, les entreprises sont confrontées à une inadaptation des formations et à une pénurie de candidats. La construction métropolitaine pourrait permettre une meilleure gestion des compétences et une amélioration de l'adéquation de l'offre et de la demande.
«En terme de visibilité, la métropole bénéficiera d'une image positive. Nous jouerons ainsi sur le levier de l'attractivité. Pour favoriser l'implantation d'entreprises sur un territoire, elles doivent être en mesure de trouver des compétences. Outre la qualité de vie (espace verts, loisirs, écoles…), les infrastructures de transport doivent favoriser la mobilité des salariés. Certes nous avons l'aéroport Marseille-Provence, la gare Saint-Charles mais il faudrait un TGV entre Marseille et Nice. La région Paca en serait totalement transformée», souligne Bruno Jonchier qui auparavant dirigeait Apec Côte d'Azur. Et de rappeler que Nice Côte d'Azur fut la première des métropoles françaises à voir le jour en 2011. «Cet établissement public réalise d'importants investissements, comme par exemple l'opération d'intérêt national Eco-Vallée», souligne encore le dirigeant de l'Apec, basé à Marseille.
Selon lui, la métropole Aix-Marseille-Provence aura pour effet de concentrer les compétences, la R&D tout en optimisant les moyens et les bassins d'emploi. «Des investissements seront concentrés dans les filières de pointe et les métiers d'avenir comme par exemple dans le secteur de l'aéronautique avec le soutien de plates-formes d'appui à la mobilité professionnelle. Ainsi, dans la zone de Fos une réflexion est engagée sur la transition énergétique afin de maintenir une dynamique au sein des territoires. Nous imaginons des passerelles avec d'autres métiers. Les cadres de la pétrochimie, compte tenu de leurs compétences pointues, seront transférables vers d'autres secteurs. En ce sens, la réforme de la formation professionnelle de 2014 doit pouvoir répondre aux besoins des territoires. La formation joue un rôle clé pour développer les compétences et l'employabilité», conclut Bruno Jonchier.