Les élections municipales de 2026 sont une occasion de replacer sur le devant de la scène des sujets capitaux pour les chefs d’entreprise ornais. Le président du Medef Orne, Alexandre Lemoine, fixe d’ores et déjà quatre priorités : améliorer le réseau mobile, construire davantage de logements, mettre l’accent sur les infrastructures et travailler main dans la main avec les entreprises locales.
Des élections "suivies de près par les chefs d’entreprise, car les mairies disposent de nombreux leviers d’actions sur l’activité économique", souligne Alexandre Lemoine. "La réponse à nos préoccupations n’est pas nationale mais bien locale", poursuit le directeur général du groupe familial Lemoine.
63 communes en zone blanche
Le premier problème concerne la qualité du réseau cellulaire. "L’Orne compte encore beaucoup de zones blanches. Le manque d’accès au réseau est un sujet crucial dont tous les habitants souffrent. Il doit être bien plus investi qu’aujourd’hui", soutient le président du syndicat patronal. En 2025, 63 des 384 communes du département étaient situées en zone blanche, c’est-à-dire non couvertes par un réseau mobile, selon le Conseil départemental de l’Orne. "On manquerait d’une centaine d’antennes dans le département", pointe Alexandre Lemoine.
Taux de vacance des logements le plus élevé de Normandie
Le logement est un autre point crucial pour le département. "Nous avons besoin de locations flexibles, pour s'adapter à la mobilité des travailleurs, tout comme des jeunes en alternance et en stage", explique le président du Medef Orne, pointant le manque de baux court terme dans le département.
La Normandie est la région française dans laquelle le taux de vacance de ses logements a le plus augmenté entre 2009 et 2020, selon l’Insee. Il a bondi de 47 % sur cette période, pour concerner au total 150 000 logements. Plus encore, l’Orne est le département normand le plus touché par les vacances de logements, qui concernent 11,1 % de son parc.
L’attractivité "doit être au cœur du projet municipal"
Au-delà des logements, la question des infrastructures est essentielle dans l’Orne. "L’accès au logement, à des crèches, à des infrastructures de santé, de sport, à des transports, concourt à l’employabilité des salariés" énumère Alexandre Lemoine. L’attractivité "doit être au cœur du projet des municipalités" insiste le représentant des dirigeants ornais. Pour ce dernier, le vieillissement très marqué de la population illustre un manque d’attractivité. En 2021, près de 27 % des habitants du département avaient plus de 65 ans selon l’Insee.
"Nous avons besoin de tous les acteurs locaux"
Sur tous ces sujets, le président du Medef Orne espère travailler en bonne intelligence avec les nouveaux élus. "En tant que réseau de dirigeants, nous avons la responsabilité de créer un échange fertile entre les différentes composantes locales", souligne Alexandre Lemoine. "Nous sommes au service des élus, mais nous avons besoin de tous les acteurs locaux, et que les élus mettent les moyens pour faire avancer ces sujets", poursuit le patron du Medef Orne. Un soutien local, d’autant plus précieux que l’économie nationale est incertaine. Pour autant, "les TPE et PME ont appris à vivre avec l’incertitude", affirme Alexandre Lemoine.