Le Medef Haute-Garonne a dévoilé un cahier de doléances, le 17 décembre dans les locaux de son siège toulousain, dans la perspective des élections municipales de 2026 à Toulouse. Celui-ci recense les attentes de ses membres (700 entreprises) et les requêtes du syndicat patronal au moins pour le futur mandat (2026-2032), voire à horizon 2050. « Ce document n’est pas un programme, explique Pierre-Olivier Nau, le président du Medef Haute-Garonne. C’est une contribution et un appel à un pacte de gouvernance entre les élus et les entreprises. »
La volonté de co-construire les choix qui engagent l’avenir économique du territoire résonne fort. Le Medef Haute-Garonne demande ainsi aux candidats de s’engager sur une vision à long terme, sur des priorités claires qui donneront aux citoyens et aux entreprises une boussole et sur une profession de foi économique : « dire, noir sur blanc, quelle place ils accordent à l’entreprise et à ses salariés dans leur projet municipal et métropolitain. » Le syndicat patronal veut faire de Toulouse « la capitale européenne de la croissance responsable. » Pour y parvenir, ses adhérents fixent quatre priorités.
1. La dynamique économique
Pour le Medef Haute-Garonne, Toulouse dispose d’un écosystème exceptionnel mais la ville reste trop dépendante des secteurs aéronautique et spatial. Elle doit donc favoriser l’émergence de filières stratégiques nouvelles (santé, défense, IA, biotechs). Or, les mobilités saturées, la rareté du foncier économique et le manque de passerelles entre formation et emploi ralentissent le développement de cet écosystème.
À l’aune de ce constat, le Medef Haute-Garonne souhaite la mise en place d’un soutien massif aux filières émergentes via un plan métropolitain d’incitations et la création de pôles économiques mixtes (tertiaire, industrie, logement) pour limiter l’étalement. Il invite aussi au déploiement d’une marque Toulouse Université pour attirer les meilleurs étudiants et alternants, les fidéliser et leur donner envie de revenir travailler à Toulouse. Enfin, il demande la poursuite du développement des mobilités douces, tout en maintenant des places de stationnement pour les clients des commerces de proximité et en améliorant les transports publics et les infrastructures routières afin de fluidifier les déplacements.
2. La fiscalité et la gouvernance économique
Selon le Medef Haute-Garonne, la fiscalité locale est trop élevée et trop instable. Ses adhérents demandent prévisibilité et clarté. Pour ce faire, l’instauration d’un Conseil stratégique économie/fiscalité est requise, réunissant élus, entreprises, syndicats patronaux et salariés, jugé plus efficace que l’actuel conseil de développement économique (Codev), une assemblée consultative composée de plus de 220 membres bénévoles issus de la société civile et de citoyens des 37 communes de la métropole.
Le Medef Haute-Garonne entend par ailleurs influer auprès du gouvernement et des parlementaires pour que la loi lui permette d’intégrer la gouvernance décisionnaire de l’Autorité Organisatrice de la Mobilité (AOM). Il souhaite également voir stabiliser le taux de la CFE, du versement mobilité et de la taxe foncière sur 3 à 5 ans, et développer un simulateur pour les TPE/PME. En outre, il demande la création d’un bonus pour le tri et la réduction des déchets, ainsi que le fléchage des taxes (mobilité, déchets, foncier) vers des projets concrets et visibles.
3. L’urbanisme et l’aménagement
Le Medef Haute-Garonne dresse le constat que la métropole toulousaine souffre d’un déséquilibre entre croissance démographique et infrastructures. Selon lui, l’accessibilité et le manque de disponibilité de logements, les mobilités saturées et le foncier économique insuffisamment anticipé freinent l’attractivité. Quant à la transition écologique, dit-il, elle doit être pensée avec les entreprises. Pour répondre à ces problématiques, ses adhérents appellent au déploiement de navettes interquartiers reliant les zones d’habitat et d’emploi, notamment dans les quartiers prioritaires de la ville (QPV).
Ils demandent aussi à faciliter l’accès au Small Business Act local (une charte permettant de comprendre les besoins des collectivités et des entreprises et d’y répondre) à l’ensemble des secteurs d’activité. Le Medef Haute-Garonne plaide également pour la création d’un Plan métropolitain « Logement Entreprises » incitatif, favorisant la délivrance de permis de construire, la construction de résidences à loyers maîtrisés près des zones d’emploi et l’accès au foncier économique. Enfin, il souhaite la mise en place d’un bonus de constructibilité pour les projets HQE intégrant les mobilités douces.
4. L’attractivité et le rayonnement
« Hormis l’aéronautique et le rugby », souligne le Medef Haute-Garonne, Toulouse dispose d’atouts majeurs « qui ne sont pas assez valorisés aujourd’hui, tant à l’international qu’à l’intérieur de nos frontières. » L’attractivité commerciale du centre-ville est désignée comme trop fragile et le tourisme d’affaires insuffisamment exploité. Ainsi, les adhérents du Medef Haute-Garonne demandent la création d’un fonds métropolitain pour la revitalisation du commerce de centre-ville et l’accentuation du développement de mini-centres de quartier (comme celui de la Cartoucherie).
Ils réclament également un accroissement des moyens de l’agence Toulouse Team pour favoriser un accueil performant du tourisme d’affaires, couplé à un renforcement de l’offre d’hébergements et d’infrastructures et à celle des campagnes de communication. Enfin, le Medef Haute-Garonne plaide pour le renforcement de la présence de la police municipale dans les zones économiques et les événements publics, de même que l’intensification de l’utilisation d’une vidéoprotection intelligente, « dans un cadre éthique clair. »