AMC : L'assistant mise sur l'activité hors tarmac
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AMC : L'assistant mise sur l'activité hors tarmac

Transport. Face au retour programmé des grands groupes internationaux sur le marché de l'assistance aéroportuaire de province, le groupe niçois AMC mise sur une offre de services hors aéroport, dont le partenariat avec Amadeus constitue la clé de voûte.

Le vent tourne dans le ciel de l'assistance aéroportuaire. L'atterrissage du groupe britannique Menzies sur l'aéroport de Toulouse en 2011, et sur celui de Nice dans les prochaines semaines, signe le retour des grands groupes internationaux sur les tarmacs de province. Une mauvaise nouvelle pour les assistants indépendants qui avaient, à l'aube des années 2000, profité du vide laissé par ces grands acteurs pour s'y positionner. À l'instar du groupe niçois AMC, fondé en 2005 par Frédéric Meyer. Présent via ses filiales sur treize aéroports (Nice, Marseille, Montpellier, Toulouse, Bordeaux, Limoges, Lyon, Saint-Nazaire, Nantes, Rennes, Brest, Strasbourg et Le Bourget), le groupe couvre tous les métiers de la chaîne aéroportuaire. Il traite chaque année 55.000 avions, 5,5 millions de passagers et 37.000 tonnes de fret pour un chiffre d'affaires de 70 M€, dont 42 % proviennent de l'aviation commerciale. « L'arrivée des titans sur ce segment risque de fragiliser une activité déjà en souffrance faute de volume suffisant et de prix tirés vers le bas », admet Frédéric Meyer qui entend toutefois s'appuyer sur de nouveaux services « off airport » pour garder ses positions et fidéliser ses 120 compagnies clientes. « Puisque nous ne pouvons pas attaquer sur le volume, il nous faut devenir leader sur le service en apportant au marché des offres à valeur ajoutée », insiste le dirigeant qui mise pour cela sur les services déportés.




Les services déportés comme relais de croissance

Deux pistes ont été identifiées. La première, initiée à Monaco en 2010, consiste à proposer un enregistrement déporté des passagers et de leur bagage. « Les clients peuvent ainsi partir 40 mn avant le départ au lieu de 2 h 30 », précise Frédéric Meyer. Trois années ont été nécessaires pour développer une procédure sécurisée validée par l'aviation civile française afin de maintenir l'étanchéité des flux. « On se rapproche des niveaux de service que l'on trouve au Moyen-Orient et aux États-Unis, là où la France est restée faible pendant très longtemps », reprend le dirigeant. Testée en pilote auprès de grands hôtels niçois, l'offre sera déployée en 2014 sur les treize escales couvertes par le groupe qui entend ainsi capter une clientèle de congressistes et de croisiéristes. La seconde tient au centrage de l'appareil ou l'art d'équilibrer les masses vives (passagers, bagages et fioul) afin de respecter le centre de gravité de l'avion, du décollage à l'atterrissage. Une activité dévolue aux assistants aéroportuaires jusqu'à ce que les compagnies aériennes la délocalisent dans des centres dédiés pour réaliser des économies d'échelle. Et que AMC souhaiterait récupérer en s'appuyant sur son réseau d'agents qualifiés. Un call-center de six personnes a donc été créé pour recevoir les différentes demandes de services déportés et les dispatcher selon la disponibilité des 1.200 agents du réseau AMC, quelle que soit leur escale d'attache. Une sorte de pilotage à distance qui suppose un langage commun harmonisé sous un même DCS (ou système de réservation).




Altéa competency center

Aussi, depuis cinq ans, AMC participe-t-il, en tant qu'assistant pilote, au projet de migration du nouveau système d'enregistrement Altéa, développé par Amadeus. Une collaboration concrétisée en 2011 par sa labellisation ACC (pour Altéa Competency Center) et la signature d'un contrat de distribution exclusif de sept ans sur l'une des quatre zones géographiques définies par le spécialiste azuréen des solutions technologiques pour l'industrie du voyage. « Ce système va devenir dominant en Europe dans la mesure où British Airways, Lufthansa et Air France se sont déjà engagées à l'acquérir », avance Frédéric Meyer. Une entité propre, MBAviation, a vu le jour pour assurer sa distribution, couplée à une offre de formation et d'implémentation. MBAviation, qui gère également le call-center d'AMC, a dégagé en 2013 un premier chiffre d'affaires de 1 M€, « permettant de couvrir les charges de la mise en oeuvre ». Elle vise les 4 M€ de facturations d'ici à 2015, dont la moitié sera reversée aux escales du groupe pour les activités de services déportés sous-traités. La boucle est bouclée.




Lille, Paris et Abidjan dans le viseur

Toutefois, AMC n'abandonne pas son coeur de métier. Après Strasbourg, le groupe cherche à se positionner sur l'aéroport de Lille, encore en situation monopolistique, afin de finaliser son maillage territorial. En outre, l'entreprise vient de créer une joint-venture avec Onet Airport Services, branche aéroport du groupe marseillais Onet (1,4 Md€ de chiffre d'affaires en 2012). Baptisée Move Global Airport Services, elle caresse l'ambition d'intervenir sur les aéroports parisiens. Enfin, AMC, au travers de la société IRHS dont le groupe détient 50 % des parts, fait partie des quatre assistants finalistes de l'appel d'offres lancés par l'aéroport d'Abidjan. La réponse est attendue courant août, et inaugurera, en cas d'accord, la première expérience d'AMC à l'international. L'assistant aéroportuaire niçois n'a visiblement pas fini son envol.

AMC Group



(Nice) Dirigeant : Frédéric Meyer CA 2013 : 70 M€ 1.200 personnes Tél. : 04 93 21 58 20 frederic.meyer@ map-handling.com

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