En cours d’élaboration depuis 2 ans, le plan stratégique de la coopérative agroalimentaire Agrial à horizon 2035 a été dévoilé en assemblée générale en juin, avec plusieurs axes prioritaires : outre l’amélioration de la compétitivité durable des sites industriels avec un plan massif de près d’1 milliard d’euros sur 5 ans, Agrial entend privilégier l’optimisation de la production de biomasse, la dynamisation des productions animales, le développement des énergies renouvelables, suivre les attentes des consommateurs dans tous leurs modes de consommation en France et à l’international.
25 % du chiffre d’affaires à l’export
Présente dans 11 pays, Agrial souhaite plus que jamais rester "multi-pays" et adapter son offre à ce que souhaite le consommateur. "L’ultra frais que l’on vend en Espagne n’est pas celui que l’on vend en France", prend pour exemple Ludovic Spiers, directeur général de la coopérative. L’entreprise qui enregistre 25 % de son chiffre d’affaires (7,1 Md€ en 2024) à l’export doit aussi tenir compte du contexte géopolitique. "Nous avons donc choisi d’ouvrir des bureaux multi productions dans plusieurs pays, dont un à Dubaï récemment, et nous travaillons sur de nouvelles offres alternatives, notamment sur les protéines végétales…"
Agrial s’inquiète aussi de la taxation possible de ses produits à l’export vers les États-Unis : "Les courants d’affaires antérieurs ne seront pas ceux de demain, il va falloir nous adapter et aller vers d’autres destinations." Lesquelles ? "Impossible à anticiper avec un président américain qui change d’avis tous les jours. C’est très déstabilisant. La coopérative se met en tension pour changer de destinations si les taxes américaines étaient mises en place."
"La capacité à produire est devenue aussi un vrai défi"
Pour le président de la coopérative, Bernard Guillard, le credo de l’activité a changé. "La raison d’être de la coopérative depuis 50 ans était de vendre pour produire. Aujourd’hui, on se rend compte que vendre est un vrai défi, mais aussi que la capacité à produire est aussi devenue un vrai défi. Nous sommes confrontés à plusieurs facteurs limitants : l’environnement et la préservation de la planète, le changement climatique, mais aussi le contexte géopolitique", commente Bernard Guillard qui insiste sur la nécessité "d’assurer un revenu pour les exploitants et notamment pour la jeune génération, mais aussi sur l’importance de la valorisation et de la préservation de la matière organique végétale et animale des exploitations du territoire".
Devenir "énergiculteurs"
Agrial entend ainsi dynamiser les productions animales avec des modèles durables et performants. L’ambition : arrêter la baisse, faciliter le renouvellement et le recrutement, améliorer la compétitivité des exploitations, développer les productions fourragères, la robotisation des élevages, augmenter l’autonomie protéique et promouvoir les progrès de la génétique sous toutes ses formes. Agrial souhaite également continuer d’accompagner la transition écologique et énergétique des exploitations et favoriser leur autonomie énergétique. L’ambition est de produire ou d’acheter plus d’énergie verte au sein de la coopérative. "Nos adhérents sont unanimes : ils veulent devenir énergiculteurs que ce soit via la méthanisation, le photovoltaïque, ou l’éolien…"
358 projets d’énergie renouvelables ont été déjà accompagnés par la Coopérative depuis 2019.