Deux ans après le lancement de son plan de transformation en trois phases, le groupe nordiste Bonduelle dresse un point d’étape contrasté. "Nous ne sommes pas satisfaits de notre performance financière, mais nous démontrons la résilience de notre modèle", souligne son directeur général, Xavier Unkovic.
L’impact des vents contraires
Annoncé en 2024, ce plan de transformation repose sur trois temps : transition, rebond puis accélération. Si les fondations ont été posées – nouvelle organisation, cessions d’activités déficitaires, recentrage géographique – la phase de transition sera "un peu allongée", constate le dirigeant. En cause : l’afflux massif de maïs chinois subventionné en Europe, qui a généré des surstocks et une forte pression sur les prix pour les marques de distributeurs. "Nous sommes ravis des réactions de l’Union européenne, qui a imposé des tarifs au maïs chinois, mais ces derniers sont arrivés un peu tard à notre goût", regrette Xavier Unkovic. L’impact pour le groupe est estimé à 60 millions d’euros sur trois années, de 2025 à 2027.
En parallèle, 14 millions de pertes ont été effacées aux États-Unis grâce au redressement engagé ces deux dernières années. S’y ajoutent 20 millions d’euros de pertes annuelles effacées grâce à la cession des activités de salades en sachet en France et en Allemagne, ainsi qu’à la cession de son unique usine brésilienne.
La marque Bonduelle au cœur du rebond
Le chiffre d’affaires sur le premier semestre de l’exercice 2025-2026 atteint 1,111 milliard d’euros (-0,7 %). La rentabilité opérationnelle courante s’établit à 50,5 millions d’euros, quasi stable. Le résultat net consolidé bondit à 56,5 millions d’euros, contre une perte de 5 millions un an plus tôt. Le groupe vise désormais une rentabilité opérationnelle courante à taux de change et périmètre constants de 80 millions d’euros pour cet exercice, qui sera clos le 30 juin 2026.
Pour enclencher la phase de rebond, le groupe mise sur ses marques propres, dont Bonduelle, "qui pèse plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires", souligne Xavier Unkovic. L’objectif est clair : atteindre 60 % de l’activité en marques propres (contre 40 % à date) et 40 % en marques distributeurs. Pour y parvenir, le groupe va accélérer l’innovation produits et moderniser l’image à travers une vaste campagne marketing. Après avoir assaini son périmètre et absorbé des chocs exogènes, Bonduelle entre donc dans une phase décisive.