L’histoire entre Acqua.ecologie (10 salariés, CA 2025 : 1 M€) et le territoire de Mèze (Hérault) va se poursuivre sur le long terme. La société, qui conçoit et fabrique des installations clés en main pour recycler et réutiliser l’eau au point d’usage, signe un bail emphytéotique de 50 ans avec Sète Agglopôle Méditerranée afin de continuer à occuper l’Ecosite : elle est installée dans ce pôle dédié à la croissance bleue, proche de l’étang de Thau, depuis sa création en 2023.
Une nouvelle échelle industrielle
Moyennant 5 millions d’euros d’investissement, Acqua.ecologie va pouvoir se développer sur l’ensemble des zones en fiche de l’Ecosite, soit un gisement foncier de 5 500 m2, en vue de créer la première infrastructure industrielle dédiée au cycle de l’eau. Jusqu’ici assemblier de technologies et composants préexistants, elle va booster sa capacité de production annuelle pour livrer jusqu’à un millier de petits systèmes et une centaine de grandes installations dédiées aux stations d’épuration, afin d’améliorer leur fonctionnement.
"Nous étions déjà leaders dans les solutions innovantes de recyclage sur site. Notre objectif est de devenir le leader industriel sur ce créneau. Le marché reste assez artisanal, puisque les offreurs de solutions créent aujourd’hui encore 10 systèmes pour 10 projets différents. Notre nouveau site nous permettra d’industrialiser ces technologies et de les dupliquer, tout en garantissant leur conformité aux normes européenne et américaine", résume le Dr Romain Salza, fondateur et président d’Acqua.ecologie.
Aborder de nouveaux marchés
La PME héraultaise développe 3 familles de produits pour le traitement des eaux usées organiques, le traitement des eaux industrielles, et pour la sécurisation de l’eau potable. Elle recrute ses principaux clients dans des filières telles que l’assainissement, l’industrie, le secteur maritime, les collectivités, etc. Ses futures capacités industrielles lui permettront de concevoir des gammes plus ciblées, sur des créneaux "tels que la Défense ou l’agriculture", cite le dirigeant.
Un saut de croissance
Forte de ces perspectives, Acqua.ecologie table sur un bond d’activité à 50 millions d’euros de chiffre d’affaires à l’horizon 2032. Pour appuyer ses ambitions, elle prévoit la création de 40 emplois, afin d’atteindre les 50 salariés dans les cinq ans. Elle a aussi lancé une levée de fonds, d’un montant de 10 millions d’euros, destinée à finaliser sa structuration. "La norme européenne "DRU 2" (votée en 2025, NDLR) impose aux stations d’épuration d’intégrer de nouveaux traitements contre les polluants comme les PFAS. Les solutions existantes sur le marché sont coûteuses, utilisent beaucoup de consommables, et rendent l’exploitation trop chère. Notre pari est de faire le contraire : créer des systèmes permettant de réadapter l’existant afin de réduire les coûts et de gagner en puissance de traitement", analyse Romain Salza.
Des conditions extrêmes à gérer
Dans le projet d’aménagement de l’Ecosite, l’unité de fabrication d’Acqua.ecologie sera portée de 300 à 700 m2, sans compter les réserves foncières. Ce pôle de production jouxtera la zone de tests : le laboratoire de l’entreprise pourra exploiter des bassins remplis de tous types d’eaux (douce, salée, noire, grise…) "pour aller plus vite en phase de R & D". Il proposera aussi des prestations de services.
Enfin, la démarche de la PME prévoit la création du World Reuse Institute (WRI), un centre de recherche, d’expérimentation et de formation à vocation mondiale. Il recevra de multiples acteurs (institutionnels, partenaires technologiques, bureaux d’études…) dans une logique de transmission des connaissances autour de la réutilisation de l’eau. "Le contexte économique actuel se caractérise par une forte défiance vis-à-vis de l’écologie. Mais nous sommes sans cesse rattrapés par la réalité du dérèglement climatique, comme le prouvent les pluies exceptionnelles que nous subissons depuis décembre 2025. Or, les réseaux existants ne sont pas calibrés pour traiter ces volumes. Il faut donc former une nouvelle génération d’experts pour travailler dans ces conditions extrêmes. Les produits d’Acqua.ecologie deviennent de première nécessité", conclut le dirigeant.