Ille-et-Vilaine
2009 : Entre frémissements et rechute
Ille-et-Vilaine # Économie

2009 : Entre frémissements et rechute

Comme tous les ans, Le Journal des Entreprises Ille-et-Vilaine publie son classement exclusif des 500 premières entreprises du département. Une occasion de revenir sur 2009. Une année de tous les contrastes, crise oblige. Au fil des mois, l'activité économique a en effet vécu au rythme de frémissements après avoir touché les bas-fonds en fin d'année dernière et au premier trimestre. Une inversion de tendance qui ne marque toutefois pas une reprise solide et pérenne. Décryptage. Numéro réalisé par Philippe Créhange et Christian Curtenelle

Joël Chéritel — Photo : Fonds Nominoë

«Pour les chefs d'entreprise, la crise évoque l'image de déferlantes atteignant successivement les secteurs les plus divers et les entreprises de toutes tailles. Avec des effets qui se croisent et surviennent là où nul ne les attend», explique Joël Chéritel, le président de l'Union des entreprises 35. Voilà comment, du côté du patronat, on vit la crise au jour le jour. Car à l'exception notable des industries agroalimentaires - soutenues par l'arbitrage des consommateurs en faveur des produits nécessaires - et les TIC, l'ensemble des secteurs a vécu une année noire. L'automobile et le BTP sont franchement à la peine. Une situation qui aurait pu être pire sans les plans de soutien gouvernementaux et l'engagement des collectivités territoriales. Mais dans ce contexte, les dirigeants ont fait preuve d'une belle détermination. «Ce qu'ont fait les chefs d'entreprise dans la filière automobile est remarquable», souligne Xavier Médard, délégué général d'Autéo. Une association regroupant une centaine d'acteurs de la filière automobile dans l'Ouest. «Ils ont mis cette période à profit pour former leur personnel aux marchés futurs dans le cadre de la Charte régionale. Ils ont inventé de nouvelles méthodes de fonctionnement avec des solutions innovantes, comme le prêt de personnel», liste le délégué. Reste à espérer que les grands donneurs d'ordre sauront prendre en compte ce volontarisme pour conforter l'avenir des sites de production locaux.

Difficultés de trésorerie

Car si certains indicateurs clignotent au vert, les observateurs pressentent de réelles difficultés de trésorerie pour réalimenter la production, notamment dans les entreprises les plus fragiles. «Les entreprises doivent se réapprovisionner pour satisfaire leurs commandes. Certaines auront du mal à les régler», prévoit Joël Chéritel. Avis partagé par Michel L'Hoste, secrétaire général de la FFBTP 35. Lui craint que les commandes publiques n'arrivent trop tard pour sauver ceux qui sont au bord du gouffre.

Banquiers frileux?

Nombre de dirigeants regrettent également la frilosité des banquiers. «L'ensemble de la chaîne économique est à réalimenter et le concours des banques est indispensable», martèle pourtant Joël Chéritel. Un avis tempéré par Stéphane Tourte. Le directeur régional de la Banque de France constate pour sa part que «les robinets ne sont plus fermés», même si les conditions de financement - à des taux exceptionnellement bas -, sont plus «regardantes» que par le passé.

«Un mieux qui ne concerne pas l'emploi»

À l'approche de 2010, les chefs d'entreprise naviguent encore à vue. Seul un retour de la confiance durable marquera le signe d'une reprise confirmée. Mais la confiance est liée au taux de chômage et sur ce front, l'embellie n'est pas annoncée. «L'évolution positive des carnets de commandes depuis septembre va favoriser la production et profiter aux services marchands, avec un bémol: ce mieux ne concerne pas l'emploi», prévient déjà Joël Chéritel.

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