Bas-Rhin

Transport

Les ports de Strasbourg expérimentent l'écopâturage à Lauterbourg

Par Charlotte Stiévenard, le 14 janvier 2022

Les ports de Strasbourg ont lancé une première expérimentation d’écopâturage avec l’association messine Les éco-pattes au port de Lauterbourg dans le Bas-Rhin. Partie intégrante de leur stratégie biodiversité lancée en 2019, il s’agit d’une initiative qui pourrait être étendue à Strasbourg.

Des moutons seront chargés d’entretenir les espaces naturels du port de Lauterbourg, dans le Bas-Rhin.
Des moutons seront chargés d’entretenir les espaces naturels du port de Lauterbourg, dans le Bas-Rhin. — Photo : Charlotte Stiévenard

Cinq moutons ont été relâchés à l’automne dernier sur un terrain du port de Lauterbourg (quatre collaborateurs) par l’association de Pournoy-la-Chétive (Moselle) Les éco-pattes. Ces herbivores doivent assurer l’entretien d’une bande de 11 hectares. Cette action fait partie de la stratégie biodiversité des ports de Strasbourg (CA 2020 : 30 M€, 210 collaborateurs), propriétaires du port de Lauterbourg.

Compenser l’artificialisation des sols

"Comme nous avons artificialisé 40 hectares de terrain (15 aménagés, 25 aménageables, NDLR), en compensation, nous nous sommes engagés à maintenir 11 hectares de terrains à l’état naturel. Il s’agit d’un couloir qui reliera la forêt de Mothern au bois du Bruckenwald", explique Philippe Thénoz, le directeur de la maîtrise d’ouvrage des ports de Strasbourg.

De 2017 à 2018, les ports de Strasbourg ont mené une étude qui a permis d’acquérir des connaissances en matière de biodiversité sur le site. "Nous avons remarqué qu’il y avait une présence importante de plantes exotiques invasives", explique Émilie Gravier, la directrice du développement des ports de Strasbourg en charge de la politique RSE et de la transition énergétique. La mise en place d’écopâturages en expérimentation pendant une durée de quatre ans répond à cette problématique. Ces derniers compteront aussi des vaches et des chevaux et le terrain sera délimité par des clôtures fixes. L’ensemble du projet, en comptant également les services de l’association, représente un investissement de 250 000 euros. "Il s’agit d’une expérimentation que nous pourrions ensuite poursuivre à Strasbourg", dévoile Philippe Thénoz.

Une stratégie pour la biodiversité

Ces écopâturages font aujourd’hui partie de la stratégie pour la biodiversité des Ports de Strasbourg, adoptée en 2019 par le conseil d’administration. Elle comprend cinq axes : développer des connaissances en matière de biodiversité, préserver la biodiversité, développer des espaces naturels, lutter contre les espèces exotiques envahissantes et faciliter les déplacements des petits mammifères. Concernant ce dernier axe, une étude qui devrait durer deux ans a été lancée sur le port de Strasbourg avec le réseau associatif Odonat (l’Office des données naturalistes du Grand Est), l’Agence de développement et d’urbanisme de l’agglomération strasbourgeoise et l’Eurométropole.

Les ports de Strasbourg s’étaient engagés dans cette dynamique bien avant le lancement de la stratégie biodiversité : "Nous avons débuté dès 2012 avec la mise en place de la démarche zéro produit phytosanitaire. Progressivement, nous avons fait de petites actions. Il s’est agi de transformer tout cela en véritable démarche", précise Émilie Gravier. En matière de budget, il n’y a, cependant, pas d’enveloppe dédiée. "Nous regardons en fonction du calendrier et des partenaires", explique-t-elle. En 2014, les ports ont obtenu leur première distinction et en 2016 leur seconde, une libellule délivrée par la Région Grand Est, en partenariat avec l’Agence de l’eau Rhin-Meuse, aux communes et gestionnaires qui réduisent, voire suppriment tous les traitements chimiques en zones non agricoles.

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