Haut-Rhin

Industrie

Hartmann lance une ligne de pansements innovants à 25 millions d’euros

Par Romain Gascon, le 05 octobre 2022

Le fabricant allemand de dispositifs médicaux Hartmann a inauguré fin septembre une nouvelle ligne de production de pansements hydrocellulaires siliconés à Lièpvre, dans le Haut-Rhin. Les 25 millions investis doivent permettre de développer les exportations et de faire du site un pôle de référence mondial.

De la nouvelle ligne de production d'Hartmann en Alsace doivent sortir chaque année 17 millions de pansements hydrocellulaires siliconés, déclinés en 17 formes et 68 références.
De la nouvelle ligne de production d'Hartmann en Alsace doivent sortir chaque année 17 millions de pansements hydrocellulaires siliconés, déclinés en 17 formes et 68 références. — Photo : Romain Gascon

Sur le site haut-rhinois de Lièpvre, les collaborateurs de Hartmann France (CA 2021 : 405,3 M€, plus de 1 000 salariés et plus de 600 en Alsace), dont le siège est à Châtenois dans le Bas-Rhin, l’appellent "pansement superabsorbant de 4e génération". Les équipes de la filiale française du groupe allemand (CA 2021 : 2,3 Md €, 11 000 collaborateurs) qui fabrique et distribue des dispositifs médicaux aux hôpitaux, pharmacies, Ehpad et services de soins à domicile, travaillent depuis près de dix ans à la conception et l’amélioration de pansements hydrocellulaires siliconés. Fin septembre, l’entreprise a inauguré une nouvelle ligne de production, fruit d’un investissement de 25 millions d’euros.

Un pari sur les États-Unis

Grâce à leur interface siliconée autoadhésive imperméable et leur structure à cinq couches, les pansements hydrocellulaires siliconés d'Hartmann adhèrent durablement aux plaies pour faciliter la cicatrisation. Adaptés à une multitude d’usages, ils visent plus particulièrement le marché des pathologies liées au grand âge et à l’obésité, en pleine croissance.

Sur les 25 millions d’euros investis, quatre ont été consacrés à la recherche et développement. Aux nouvelles formes et à la mécanique innovante des pansements s’ajoute l’absence de latex, interdit par certains pays dont les États-Unis et l’Espagne. "Le marché français, premier marché européen et deuxième marché mondial, est mature et reste central pour nous. Mais nous voulons exporter plus vers le reste de l’Europe et vers le premier marché mondial, les États-Unis. À l’heure actuelle, 20 % de notre activité sont réalisés à l'export. Nous voulons passer à plus de 55 %", indique Christophe Gehl, président de Hartmann France.

Dernière ligne française

La nouvelle ligne de production, qui est aussi la dernière de fabrication de compresses en France, doit permettre d’affronter la concurrence - souvent des produits sourcés en Asie et revendus en Europe, selon Hartmann France. D’une longueur de 70 mètres et installée dans un entrepôt de 1 200 m² rénové et équipé de salles blanche et grise, elle est automatisée à 100 %. Sa capacité est sept à huit fois supérieure à la production antérieure, avec 330 pièces fabriquées chaque minute, soit 17 millions par an, et une réduction notable du volume de déchet produits, passés de 10 % à 4 %.

Le procédé, sur lequel veillent huit collaborateurs, est décomposé en trois étapes. Dans la salle blanche, la pâte à bois est d’abord broyée et on lui additionne de la poudre super-absorbante. La deuxième étape est celle de la découpe de la bande adhérente obtenue, de l’assemblage et de la soudure des multiples couches, puis de l’apposition de l’interface en silicone, avant l’emballage des pansements. Enfin, les produits finis sont mis en boîte, carton et palette dans la salle grise. Les phases de qualification des 17 formes et 68 références doivent se terminer en janvier 2023. La production sur la ligne, dont l’installation a débuté en septembre 2021, doit commencer dès février et la commercialisation en septembre.

Vers d’autres relocalisations ?

L’investissement d’Hartmann sur le site de Lièpvre est la récompense d’un travail de longue haleine, souligne Christophe Gehl : "Les premiers prototypes développés en 2014 ont été un succès. Nous avons racheté une filiale de Safran spécialisée dans le silicone (Safran Coatings, basé dans le Rhône, en 2019, NDLR), avec laquelle nous collaborions. Nous avons ainsi prouvé que nous étions capables d’écouter et de comprendre le marché. Ce sont ces raisons, avec notre politique de R & D volontaire et les compétences de nos équipes, qui font que notre maison mère a fait le choix d’investir en France." Autre facteur de réussite mis en avant par le président de la filiale tricolore : la mobilisation générale des acteurs publics. Le conseil régional du Grand Est a contribué à l’investissement à hauteur d’un million d’euros.

La dynamique sera précieuse pour défendre de futurs projets face à d’autres filiales du groupe et "faire de Lièpvre un centre de référence mondial sur les pansements hydrocellulaires siliconés", espère Christophe Gehl. Le dirigeant met en avant l’augmentation des capacités de production, l’investissement dans de nouvelles technologies et l’intégration de critères écologiques dans les appels d’offres publics. "La question de la souveraineté sanitaire est mal vécue en Allemagne aussi, ajoute-t-il. Hartmann est une entreprise familiale du Mittelstand (tissu d’entreprises allemandes, souvent familiales et industrielles, NDLR) et il y a une volonté de relocaliser des activités."

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