Haut-Rhin

Industrie

Interview "Cryostar réalise le plus gros investissement de son histoire à Hésingue"

Entretien avec Samuel Zouaghi, président de Cryostar

Propos recueillis par Lucie Dupin - 16 juillet 2021

Filiale de l'allemand Linde, l'entreprise Cryostar fournit des équipements cryogéniques de haute technologie pour l’industrie. La société investit 15 millions d’euros à Hésingue, dans le Haut-Rhin, pour construire son neuvième bâtiment de 1 600 m². Son président Samuel Zouaghi en explique les enjeux.

Samuel Zouaghi préside Cryostar à Hésingue, dans le Haut-Rhin.
Samuel Zouaghi préside Cryostar à Hésingue, dans le Haut-Rhin. — Photo : Dominique Giannelli

Quel est l’objectif de l'investissement de 15 millions d’euros consenti par Cryostar (600 salariés ; CA 2020 : 350 M€) à Hésingue ?

Le dossier d’investissement a été ouvert il y a deux ans et a été validé à l’automne 2020 en pleine pandémie. À Hésingue, Cryostar réalise son plus gros investissement depuis 1966. La société investit 15 millions d’euros sur fonds propres (neuf millions d'euros pour le bâti et six millions d'euros pour les équipements), avec une aide de la Région Grand Est à hauteur de 200 000 euros, pour construire son neuvième hall de 1 600 m². Il sera destiné à l’assemblage et aux tests de turbines de détente et de compresseurs de gaz d’évaporation. Cet investissement va permettre de doubler la capacité de production de ces deux types de produits. La mise en service de ce nouveau bâtiment est prévue pour la fin 2022 avec, à la clé, l’embauche de 25 personnes.

Comment se positionne ce nouvel investissement dans votre outil productif global ?

Cryostar est dans une logique d’investissements agressive continue, avec 7,5 millions d'euros investis en 2014 et 4 millions d’euros en 2016 dans de précédents halls. Avec ce nouveau hall de 28 mètres de haut, nous serons en mesure d’assembler et de tester les machines au même endroit, afin d’éviter les manipulations et de sécuriser les manutentions.
La construction de ce bâtiment a été pensée pour réduire l’empreinte écologique avec l’installation d’un chauffage géothermique, de panneaux photovoltaïques, d’un système de récupération des eaux de pluie, d’un toit végétalisé et d’une isolation phonique et thermique pour réduire l’impact du chauffage.

Quels sont vos marchés et comment se comportent-ils ?

Nous concevons, fabriquons et testons des compresseurs à gaz d’évaporation, des turbines de détente et des pompes cryogéniques. Cryostar compte également un site de 50 personnes dans l’Aveyron spécialisé dans les stations de remplissage pour véhicules et gaz industriels. Nous exportons à 98 % et sommes présents sur deux marchés principaux, à 50 % sur le marché des gaz industriels issus de l’air et à 50 % sur le marché du gaz naturel avec des usages dans la production, le transport, les méthaniers, les véhicules roulant au gaz naturel, les stations-service, les pompes pour camions de transport cryogéniques ou encore les stations de remplissage de bouteilles haute pression et de gaz pour médicaments. Nous abordons aussi le marché de l’hydrogène, qui reste petit pour le moment mais qui offre des perspectives. Nous nous positionnons sur un marché de la transition énergétique en croissance, notamment tourné vers le gaz naturel. Celui-ci émet 25 % de CO² en moins par rapport aux carburants classiques dérivés du pétrole et ne dégage pas d'émissions de particules. La Corée du Sud et le Japon sont des consommateurs historiques de gaz naturel et la Chine se présente comme le premier consommateur et importateur de gaz naturel.

Samuel Zouaghi préside Cryostar à Hésingue, dans le Haut-Rhin.
Samuel Zouaghi préside Cryostar à Hésingue, dans le Haut-Rhin. — Photo : Dominique Giannelli

Poursuivez votre lecture

-30% sur l’offre premium

Abonnez-vous Recevez le magazine imprimé
tous les mois

Voir les offres d'abonnement

Newsletter

Inscrivez-vous pour recevoir la version gratuite de nos newsletters dans votre boîte mail