Toulouse

Technologies

Nexio, premier laboratoire français dédié à la mesure des ondes issues des appareils électroniques

Par Fleur Olagnier, le 23 juin 2020

Spécialiste de la mesure et de l'étude des ondes électromagnétiques émises par les appareils électroniques, le toulousain Nexio crée le premier laboratoire du pays dédié à la mesure du débit d'absorption spécifique (DAS). Une des multiples diversifications mises en place pour rebondir après la crise du Covid-19, et liée à l'entrée en vigueur de la loi Abeille, qui encadre l'exposition du public aux champs électromagnétiques. 

Chambre anéchoïque pour mesurer les ondes électromagnétiques du toulousain Nexio
Le toulousain Nexio est deuxième leader mondial pour les logiciels d'essais dans le domaine des ondes électromagnétiques. — Photo : Nexio

La société toulousaine Nexio (85 collaborateurs ; CA 2019 : 6,5 M€) est un bureau d’études et éditeur de logiciels dans le domaine des ondes électromagnétiques depuis 2003. L’entreprise est spécialisée dans l’analyse et l’optimisation des perturbations créées par les ondes émises par les appareils électroniques. Un marché de niche, mais qui adresse des secteurs comme l’aéronautique ou l’automobile très fortement touchés par la crise liée à l’épidémie de coronavirus.

« Afin de pallier l’impact de la crise, qui pourrait représenter une baisse de 20 % de notre chiffre d’affaires en 2020, nous avons choisi d’être offensifs et de prendre des risques pour rebondir, appuie le président et fondateur Frédéric Amoros-Routié. L’objectif est d’investir pas moins d’un million d’euros sur l’année pour nous diversifier sur trois volets ».

Frédéric Amoros-Routié, président et fondateur de Nexio.
Frédéric Amoros-Routié, président et fondateur de Nexio. - Photo : Nexio

Deuxième acteur mondial des logiciels d’essais

Depuis son siège à Toulouse et ses agences à Paris, Grenoble et Austin (États-Unis), Nexio réalise pour les entreprises du spatial, de la défense, de l’aéronautique ou encore de l’automobile des études consacrées aux interférences induites par les ondes électromagnétiques issues des appareils électroniques. La société conseille ainsi ses clients sur le design à adopter dans leurs produits (antennes, micropuces, avions, etc.) afin de limiter ces interférences et de transmettre au mieux l’information en consommant peu d’énergie.

En outre, Nexio développe et commercialise des logiciels d’essais et de simulation qui permettent à plus 260 clients originaires de 25 pays de réaliser leurs tests. « Nous sommes deuxième leader mondial sur les logiciels d’essais et de loin le plus petit par la taille », confie Frédéric Amoros-Routié. La société toulousaine fournit ces outils aux grands groupes automobiles internationaux, à huit des principaux équipementiers (Continental, Bosch Automotive, Valéo…) ainsi qu’aux géants de l’aérospatial (Airbus, Lockheed Martin, Safran, la Nasa…). Quant aux logiciels de simulation, Nexio travaille principalement en France et au Japon, notamment dans le secteur de la défense avec une spécialisation sur la furtivité, ainsi qu’avec les PME, start-up et consultants.

Premier laboratoire français de mesure du DAS

« La grande diversité de Nexio sur les offres, les clients et les pays a permis de compenser un peu la baisse d’activité liée à l’épidémie de Covid-19, avance le président. Toutefois, les pertes restent importantes avec - 30 % d’activité à l’export, - 50 % de chiffre d’affaires sur avril et mai et jusqu’à - 70 % pour l’aéronautique ». Par ailleurs, Nexio a contracté un prêt garanti par l'Etat de 700 000 euros et ne devrait recruter que trois personnes cette année au lieu de 15. Alors pour remonter la pente, l’entreprise oriente sa stratégie vers une diversification selon trois axes.

Jusqu’à présent, la mesure du débit spécifique d’absorption (DAS), c’est-à-dire la quantité de rayonnement électromagnétique issue d’un appareil électronique et absorbable par le corps humain, n’était obligatoire que pour les téléphones mobiles. Mais à partir du 1er juillet 2020, la loi Abeille d’encadrement de l’exposition du public aux ondes électromagnétiques impose à tous les équipements électroniques émetteurs de mesurer et d’afficher cette valeur – qui dans l’idéal doit être inférieure à 2 watts par kilogramme. « Nous voulons surfer sur ce nouveau label, d’où l’ouverture cette semaine de notre nouveau laboratoire, le premier de France entièrement consacré à la mesure du DAS », annonce Frédéric Amoros-Routié.

Le marché de la 5G en ligne de mire

Créé en partenariat avec la société française Art-Fi qui fournit les instruments de mesure, le laboratoire de Nexio ambitionne d’être choisi par l’Agence nationale des fréquences (ANFR), organisme régulateur, comme laboratoire de référence. L’ANFR travaille déjà avec le toulousain Exem sur la mesure des champs électromagnétiques pour contrôler l'exposition du public.

De plus, Nexio souhaite allier ses compétences sur les études et les produits afin de mener des projets complexes autour de l’électromagnétique. L’entreprise est par exemple déjà lancée pour 18 à 24 mois sur le projet Meriel pour le centre de la Direction Générale de l'Armement dédié aux techniques aéronautiques, situé à Balma près de Toulouse. « Nous collaborons avec un partenaire allemand sur la correction en temps réel des altérations de la mesure des ondes électromagnétiques en environnement perturbé », précise le fondateur de Nexio. Enfin, d’ici la fin de l’année, la société toulousaine doit s’attaquer au marché mondial de la mesure des ondes électromagnétiques liées à la technologie 5G.

Chambre anéchoïque pour mesurer les ondes électromagnétiques du toulousain Nexio
Le toulousain Nexio est deuxième leader mondial pour les logiciels d'essais dans le domaine des ondes électromagnétiques. — Photo : Nexio

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