Aéronautique

L'ingénierie et l'informatique portent la croissance de la filière aéronautique du Sud-Ouest

Par Paul Falzon, le 30 janvier 2020

Selon la dernière étude réalisée par l'Insee et le pôle Aerospace Valley, la croissance de l'activité aéronautique en Occitanie et Nouvelle-Aquitaine s'est érodée en 2018, surtout pour les entreprises de la supply-chain industrielle. Les services se portent mieux.

L'arrivée à Toulouse d'une nouvelle chaîne d'assemblage de l'A320 (ici à Hambourg) pourrait dynamiser la supply-chain du Sud-Ouest en 2022.
L'arrivée à Toulouse d'une nouvelle chaîne d'assemblage de l'A321 (ici à Hambourg) pourrait dynamiser la supply-chain du Sud-Ouest en 2022. — Photo : Airbus S.A.S

La filière aéronautique et spatiale du grand Sud-Ouest est loin d’être en crise, mais sa croissance s’essouffle. L’étude publiée le 30 janvier par l’Insee et le pôle Aerospace Valley fait apparaître une croissance du chiffre d’affaires global de 3,3 %, à 16,6 milliards d’euros. Ce résultat, bien que supérieur aux autres secteurs industriels de la région, montre un ralentissement par rapport aux exercices précédents : + 5,4 % en 2017, + 8,2 % en 2016. L’aéronautique est la plus concernée, avec une croissance de + 3,4 %, tandis que le spatial conserve une belle vitalité (+ 13,4 %).

45 % des créations d’emplois dans les services

Côté emploi, la filière a créé 4 600 postes salariés en 2018 (+3 %) dont 2 500 sur la partie industrielle. Ce sont désormais 22 % des emplois industriels du Sud-Ouest qui se concentrent dans l’aéronautique et le spatial. Avec 2 100 nouveaux postes, les services (ingénierie et informatique notamment) tirent leur épingle du jeu : ils pèsent près de 51 000 emplois dans la région. Au sein de la supply-chain (119 000 personnes dans l’industrie et les services), 1 400 créations de postes ont été le fait des PME, tandis qu’ETI et grands groupes ont créé 2 400 emplois. La moitié de ces nouveaux postes concerne l’ingénierie et l’informatique.

L’étude menée par l’Insee fait également apparaître des fragilités au sein de la supply-chain. La première concerne la dépendance aux donneurs d’ordre, les entreprises réalisant en moyenne 35 % de leur chiffre d’affaires avec leur principal client. Les fabricants de composants et outils travaillent à 56 % uniquement sur les spécifications de leurs donneurs d’ordre : ces entreprises sont moins susceptibles de développer leur R & D (20 % en moyenne, contre 57 % pour les fabricants qui maîtrisent leur processus).

Bataille des coûts

La compétitivité est un autre enjeu. Sur dix acteurs de la supply-chain, trois ont recours à la sous-traitance pour améliorer leurs marges ou faute de savoir faire : 39 % de ces entreprises choisissent un prestataire à l’étranger. « La filière est engagée dans une bataille de réduction des coûts, avec un risque que des entreprises de la région sortent de la supply-chain », analyse Patrick Désiré, directeur général d’Aerospace Valley. Le président du pôle, Yann Barbaux, s’est voulu plus optimiste, rappelant les efforts de la filière en termes de compétitivité, notamment sur la performance industrielle. « On peut penser que la création à Toulouse d’une nouvelle ligne d’assemblage de l’A321 aura un impact positif pour la supply-chain régionale », a estimé le dirigeant.

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