Aix-en-Provence

Finance

Témoignage Pourquoi Linxo a misé sur les levées de fonds

Par Rémi Baldy, le 28 juin 2018

Bruno Van Haetsdaele, dirigeant de Linxo, a levé l’an passé 20 millions d’euros. Un montant qui permet à la société sudiste d’accélérer son déploiement et de gagner du temps : il correspond au gain de 670 000 nouveaux clients.

Hugues Pisapia (à gauche) et Bruno Van Haetdale (à droite) ont eu recours à trois levées de fonds depuis qu’ils ont fondé Linxo en 2010.
Hugues Pisapia (à gauche) et Bruno Van Haetdale (à droite) ont eu recours à trois levées de fonds depuis qu’ils ont fondé Linxo en 2010. — Photo : Linxo

Pour Linxo, une PME de 66 salariés, lever des fonds auprès de banques peut paraître paradoxal. Née en 2010, cette société basée à Aix-en-Provence propose une application pour gérer tous ses comptes bancaires. Un service d’assistance qui par définition ne peut exister sans les banques, mais qui leur fait aussi concurrence. « En entrant dans notre capital, les banques lient un partenariat technique. Et si cela leur fait de l’ombr, au moins elles auront investi chez leur concurrent », juge Bruno Van Haetsdaele cofondateur de Linxo avec Hugues Pisapia. « Les banques investissent pour que leur fournisseur, nous, soit pérenne et puisse leur proposer la meilleure solution », expose-t-il. Le dirigeant de 41 ans a bouclé fin septembre une levée de fonds de 20 millions d’euros auprès des investisseurs historiques de Linxo, le Crédit Mutuel Arkéa et le Crédit Agricole, et d’un nouvel entrant avec la Maif. « On aurait pu compter seulement sur nos actionnaires, mais on voulait équilibrer les forces pour garder notre indépendance », reconnaît Bruno Van Haetsdaele.

Trois levées de fonds

Une décision qui signifie aussi avoir un interlocuteur de plus à qui rendre des comptes. « On est obligé de préparer et défendre ses décisions ce qui rallonge le circuit de décision, mais ça permet aussi de confronter nos idées à des personnes brillantes », tempère le co-fondateur de Linxo.

La société aixoise a toujours eu des actionnaires extérieurs. Lors de sa création, 300 000 euros ont été récoltés auprès d’amis et de membres de la famille des fondateurs ainsi que de quelques business angels. Dès septembre 2011, le Crédit Mutuel Arkéa a commencé à investir 530 000 euros pour devenir actionnaire en mars 2012. « Au début, nous avions besoin de fonds pour nous lancer et valider la technologie, raconte Bruno Van Haetsdaele. C’est en 2015 que l’on a eu un vrai développement ». Cette année marque aussi l’entrée dans le capital du Crédit Agricole. « Le but était de nous sécuriser et ça nous a permis d’être rentable en 2016 », poursuit le dirigeant.

Plus d’argent plus rapidement

Des levées de fonds qui demandent du temps. « L’un des travers, c’est que cela nous occupe à autre chose que chercher des clients, c’est important d’être bien organisé pour que l’opérationnel puisse suivre, le reste de l’équipe doit avoir conscience de ça », insiste Bruno Van Haetsdaele. Pour lui, « les tours de table permettent de récolter de l’argent plus rapidement ». A titre d’exemple, la formule payante de Linxo est à 30 euros par an, ce qui signifie près de 670 000 nouveaux clients pour attendre la barre des 20 millions d’euros.

Actuellement, Linxo compte 1,6 million de clients particuliers et une dizaine de banques et assurances qui utilisent le logiciel élaboré par la société aixoise. Si aucun objectif chiffré n’est donné, l’ambition est de développer la R&D, la promotion du produit et le développement à l’international. Sur ce point, l’agrément validé par l’ACPR permet de commencer à l’échelle européenne. « On ne s’interdit aucune région », prévient Bruno Van Haetsdaele qui ne cache pas son attirance pour les Etats-Unis où il a vécu 5 ans.

Hugues Pisapia (à gauche) et Bruno Van Haetdale (à droite) ont eu recours à trois levées de fonds depuis qu’ils ont fondé Linxo en 2010.
Hugues Pisapia (à gauche) et Bruno Van Haetdale (à droite) ont eu recours à trois levées de fonds depuis qu’ils ont fondé Linxo en 2010. — Photo : Linxo

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