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Interview GSF : "Nous travaillons à avoir des relations équilibrées avec nos 7 000 fournisseurs"

Entretien avec Marie Calautti, directrice des achats du groupe GSF

Propos recueillis par Olivia Oreggia - 05 décembre 2023

Comme Aéroports de Paris, Naval Group ou Orange, GSF est une des 89 entreprises françaises et est la seule du secteur de la propreté, ayant obtenu en 2023 le label Relations Fournisseurs et Achats Responsables. Un label très utile selon Marie Calautti, directrice des achats du groupe basé à Sophia Antipolis, qui œuvre au quotidien à équilibrer la relation qu’entretient GSF avec ses 7 000 fournisseurs.

Marie Calautti est la directrice des achats du groupe de nettoyage GSF, basé à Sophia Antipolis.
Marie Calautti est la directrice des achats du groupe de nettoyage GSF, basé à Sophia Antipolis. — Photo : Olivia Oreggia

Pour la troisième fois, GSF (43 000 collaborateurs, CA 2022 : 1,183 Md€) a obtenu le label Relations Fournisseurs et Achats Responsables. Pourquoi s’être lancé dans cette démarche ?

Après avoir signé la Charte Relations Fournisseurs et Achats Responsables en 2016, j’ai voulu aller plus loin avec le label. C’est une continuité de la RSE que nous avons toujours pratiquée sans le savoir. On s’est très tôt inquiétés de la santé de nos collaborateurs et, par ricochet, de l’environnement, en mettant dans leurs mains des produits de nettoyage inoffensifs.

Quelle est la marche à suivre pour obtenir ce label ?

Il faut d’abord répondre à 200 questions et adjoindre des documents de preuves. S’ensuit un audit, réalisé sur plusieurs jours par un organisme externe parmi ceux proposés par le ministère de l’Économie et des Finances. Le label est délivré pour trois ans mais nous sommes audités chaque année. En 2018, 40 entreprises étaient labellisées. Il y en a 89 aujourd’hui.

Au-delà de l’image, à quoi le label sert-il ?

Il donne une feuille de route aux entreprises et une très belle ligne de conduite aux acheteurs. Il inclut les achats responsables, la relation de partenariat avec les fournisseurs, l’ancrage territorial… ce sont des critères importants. L’auditeur pointe des éléments d’amélioration qui servent de base à un plan d’action. C’est en fonction de ce plan qu’il peut contrôler l’évolution chaque année.

Comment "embarquer" l’ensemble des équipes ?

Ce label, et plus largement la RSE, c’est un état d’esprit, une question de conviction. C’est aussi un véritable levier commercial et il faut le faire savoir, il faut rabâcher, expliquer, répondre aux questions. Ma campagne de communication se fait au siège, dans nos 160 établissements et nos filiales à l’étranger.

Le groupe GSF compte 43 000 collaborateurs et près de 450 au sein de son siège à Sophia Antipolis.
Le groupe GSF compte 43 000 collaborateurs et près de 450 au sein de son siège à Sophia Antipolis. - Photo : Olivia Oreggia

Combien GSF a-t-il de fournisseurs ?

Tout confondu, nous en avons 7 000. Depuis des années, nous organisons une "journée achats/production" durant laquelle les plus importants d’entre eux peuvent rencontrer nos responsables d’exploitation. Une fois par an, je réunis également les fournisseurs "major" pour échanger avec eux. C’est aussi un temps pour les écouter. Leur voix compte. Nous ne sommes pas dans l’imposition mais dans le partenariat.
Il y a peu, l’un d’eux m’a dit vouloir obtenir le label. J’en suis ravie. L’objectif est de partager avec toutes nos parties prenantes. Dans nos contrats, nous avons une clause RSE, et nous avons ajouté une clause incitant fortement nos fournisseurs à s’inscrire dans cette démarche.

Quel peut être le frein majeur pour les entreprises qui voudraient se lancer ?

Les délais de paiement ! Il faut être capable de prouver que les fournisseurs sont bien payés dans les délais. Certaines n’ont pas les outils leur permettant d’avoir des tableaux de bord pour suivre les délais de paiement.

Quels sont les délais de paiement de GSF ?

85 % de nos fournisseurs "major" sont payés dans les délais. Les 15 % restant sont des litiges que nous payons à une échéance de retard de cinq à dix jours. Nous avons aussi de nombreux petits fournisseurs locaux pour lesquels les délais sont toujours un peu plus longs car les factures, sous format papier, passent d’abord par nos établissements pour être vérifiées avant d’arriver ici, à Sophia Antipolis. Nous sommes en train d’améliorer ces processus pour réduire les délais, nous nous y sommes engagés.

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