Région Sud

Accompagnement

Coronavirus : l'IRCE se met à l'heure digitale pour poursuivre l'accompagnement des chefs d'entreprise

Par Hélène Lascols, le 31 mars 2020

L’Institut régional des chefs d’entreprise, soutenu par la Région Paca et l’Union européenne, expert de l’accompagnement pour créer et développer son entreprise en région Paca, a digitalisé l’ensemble de ses programmes. Un quart du budget alloué par le Conseil régional pour l’année 2020 sera d’ailleurs directement affecté aux conséquences du coronavirus.

L'IRCE se digitalise pour maintenir ses ateliers de parcours et rester au plus près de ses dirigeants, qui sont des créateurs, des repreneurs ou des chefs d'entreprise aguerris.
L'IRCE se digitalise pour maintenir ses ateliers de parcours et rester au plus près de ses dirigeants, qui sont des créateurs, des repreneurs ou des chefs d'entreprise aguerris. — Photo : IRCE

L’Institut régional des chefs d’entreprise (IRCE), soutenu par la Région Paca, mise depuis 1989 sur le collectif pour conforter les entrepreneurs dans leur métier de dirigeant, favoriser le développement et la pérennité des entreprises régionales. Il accompagne ainsi chaque année 300 dirigeants dans leur stratégie. « Notre cœur de métier est, depuis toujours, de créer du lien et nous sommes convaincus que l’alchimie se nourrit de la richesse des échanges entre dirigeants. Et que ces échanges, par effet miroir, participent à la prise de recul indispensable pour développer son entreprise », résume Christophe Sivelle, son directeur. Alors, quand les premières mesures de confinement ont été prises pour enrayer la propagation du coronavirus Covid-19, « nous n’étions pas forcément prêts à nous digitaliser », ajoute le directeur. Et pourtant, les équipes de l’IRCE se sont lancées dans le grand bain virtuel en un temps record : « Le vendredi 13 mars, quelques jours avant le confinement, nous avons commencé la mise en place. Le lundi suivant, nous nous sommes formés en interne, nous avons créé les comptes professionnels et c’était parti », raconte Christophe Sivelle.

Une trousse de secours de l’entrepreneur

Convaincues qu’elles ne pouvaient abandonner les dirigeants d’entreprises dans la situation actuelle, les équipes de l’IRCE ont accepté de changer de logique pour se positionner à leurs côtés et faire face à cette crise avec eux. Ainsi, tous les programmes d’accompagnement, d’ordinaires en présentiel, ont basculé sur la plateforme de web conférence Zoom et après presque 10 jours de fonctionnement, les équipes ne peuvent que constater que ça marche aussi ! « Nous avons animé une journée complète grâce à cet outil, nous pouvons avoir un tableau blanc comme dans une salle classique, nous pouvons diviser la salle virtuelle en sous-groupes. Le seul frein peut être lié au débit. » En outre, les retours des chefs d’entreprise sont bons et les défections, « à la marge et souvent liées à des contraintes, notamment liées à la garde des enfants », selon le directeur.

L’IRCE a aussi imaginé de nouveaux outils. L’institut a ainsi créé une cellule de veille en interne (3 personnes), qui traite les informations utiles, les digère et les structure. Il a aussi créé une trousse de secours de l’entrepreneur pour aider les dirigeants à faire le tri dans les nombreuses informations et adopter une stratégie de gestion de la crise structurée en 4 phases : « L’urgence, à savoir sauver sa trésorerie ; gérer la crise en prévenant les difficultés, en mettant en œuvre les mesures d’urgence, en gérant le confinement et la motivation des équipes, en communiquant de manière efficace avec toutes les parties prenantes de l’entreprise. Viennent ensuite deux autres phases : maintenir son activité et reconstruire. Une fois que les dirigeants auront géré le quotidien, ils devront rapidement imaginer la suite », détaille le directeur de l’IRCE.

« Une fois que les dirigeants auront géré le quotidien, ils devront rapidement imaginer la suite. »

Un virage digital conforté par une enquête

Pour décliner cet accompagnement, l’IRCE propose des webinaires d’une heure pouvant réunir jusqu’à 100 personnes, des modules de formation d’une demi-journée réunissant un maximum de 20 dirigeants et pour ses membres, « les Ircéens », un accompagnement individuel, dispensé par six experts. « Nous ne pouvions simplement pas abandonner nos chefs d’entreprise. Grâce aux outils digitaux, toute notre activité perdure, nous avons simplement adapté les outils pédagogiques et toute notre équipe est sur le feu pour gérer le surplus d’activité lié à cette crise », explique Christophe Tourneur, responsable communication de l’IRCE.

« Nous ne pouvions simplement pas abandonner nos chefs d’entreprise. »

Ce changement opéré par l’IRCE a été récemment conforté par une enquête en ligne que l’Institut a réalisée auprès de ses adhérents. Cette enquête révèle d’abord que 85,8 % des entreprises ont ressenti un impact, de significatif à très important et pour 40,3 %, cet impact met en péril la vie de l’entreprise. « Nos entreprises sont des TPE/PME des secteurs des services ou de l’industrie, qui ont la possibilité de maintenir une certaine activité et pourtant, l’impact est fort », souligne Christophe Tourneur. Selon cette même enquête, 39 % des entrepreneurs ont des problèmes de trésorerie immédiats ou en auront d’ici à la fin du mois de mars. Pour tenter de s’en sortir, ces dirigeants ont exprimé différents besoins : le tri d’information revient pour la plupart de nos répondants, l’accompagnement sur différents sujets qui vont du management en période de crise en passant par l’utilisation des outils de télétravail, la communication de crise ou la stratégie de pivot. « Ce dernier point montre qu’ils se projettent déjà », précise Christophe Sivelle, qui est d’ailleurs convaincu qu’un « changement profond se met en place. Le monde ne fonctionnera pas comme avant et il nous faudra alors accompagner les entreprises à réinventer un modèle plus vertueux. »

« Un changement profond se met en place, le monde ne fonctionnera pas comme avant. »

Mais avant d’imaginer l’après, le directeur de l’IRCE ajoute qu’aujourd’hui, « l’objectif premier est de se ressouder, de jouer la solidarité, d’amortir tant que l’on peut cette crise et, en fonction, de réapprendre certaines choses. »

L'IRCE se digitalise pour maintenir ses ateliers de parcours et rester au plus près de ses dirigeants, qui sont des créateurs, des repreneurs ou des chefs d'entreprise aguerris.
L'IRCE se digitalise pour maintenir ses ateliers de parcours et rester au plus près de ses dirigeants, qui sont des créateurs, des repreneurs ou des chefs d'entreprise aguerris. — Photo : IRCE

Poursuivez votre lecture

-30% sur l’offre premium

Abonnez-vous Recevez le magazine imprimé
tous les mois

Voir les offres d'abonnement

Newsletter

Inscrivez-vous pour recevoir la version gratuite de nos newsletters dans votre boîte mail