Aix-en-Provence

Culture

Coronavirus : le Festival international d’Aix-en-Provence annulé mais pas en péril

Par Didier Gazanhes, le 30 avril 2020

Pour la première fois depuis 1948, Mozart et l’opéra ne seront pas à l’honneur cet été dans la Cité du Roy René. Une année blanche pour le Festival international d’art Lyrique d’Aix-en-Provence qui s’organise pour boucler son budget entre subventions, billetterie et mécénat…

Plus de 60 000 spectateurs étaient prévus lors du Festival international d'art Lyrique d'Aix-en-Provence.
Plus de 60 000 spectateurs étaient prévus lors du Festival international d'art Lyrique d'Aix-en-Provence. — Photo : Photo Vincent Pontet

Depuis le discours du 28 avril du Premier ministre, la situation est désormais très claire. Les Festivals regroupant plus de 5 000 personnes sont annulés jusqu’en septembre. Nul ténor, nul baryton ne viendront ainsi se présenter à plus de 60 000 spectateurs dans le cadre de ce qui devait être le 72e Festival international d’art lyrique d’Aix-en-Provence, initialement programmé du 30 juin au 18 juillet. Pas de report possible sur le reste de l’été. Année blanche pour l’opéra en Provence (les Chorégies d’Orange, qui devaient débuter le 19 juin, ont également annoncé l’annulation du festival cette année). « Il fallait un cadre clair et le politique se devait de le préciser. C’est chose faite. En revanche, nous attendons maintenant les ordonnances du gouvernement afin de pouvoir gérer les intermittents », confie Mathias Coullaud, directeur du mécénat et du développement du Festival d’Aix-en-Provence. L’organisation de l’événement nécessite en effet près d’une soixantaine de permanents, mais également un très large volume d’intermittents. « Pendant le festival, en juillet, près de 900 personnes travaillent pour nous. Un festival, c’est vraiment un tout : les permanents, les intermittents, les artistes… Depuis le début du confinement, nos salariés en CDI et en CDD sont au chômage partiel, que nous compensons à 100 %. Nous attendons les règles du gouvernement pour les intermittents. D'habitude, dès mars-avril, notre atelier de Venelles commence à faire appel à eux. Ce sont des personnes très importantes pour nous. Il y a une importante fidélité et nous voulons trouver les meilleures solutions », poursuit Mathias Coullaud.

Mobiliser les mécènes

« Contrairement à d’autres rencontres artistiques, comme le Festival d’Avignon par exemple, notre modèle économique n’est que peu dépendant de subventions publiques. Celles-ci ne représentent que 28 % de notre budget de 24 M€, qui est complété par le mécénat à 22 % et la billetterie à 50 % », précise-t-il. Côté subventions, les collectivités devraient être au rendez-vous, même en l’absence de Festival. « Personne ne va nous laisser tomber, ni la ville d’Aix-en-Provence, ni la Région. Nous avons le soutien de tous ».
La programmation de cette 72e édition du Festival avait enthousiasmé le public et la billetterie avait enregistré depuis la fin janvier un démarrage record. « Nous proposons ainsi aux spectateurs, soit de rembourser leurs places, soit de les transformer en dons, comme cela se fait souvent aux États-Unis. Quant à nos mécènes ils nous sont fidèles. Nous travaillons avec eux (entreprises, fondations, personnes privées) et globalement nous devrions tenir ce budget, même si, bien sûr, certaines entreprises sont elles-mêmes actuellement en grande difficulté ». 50 % des grands donateurs du Festival sont toutefois des personnes privées, dont la fidélité à la manifestation est grande.
Les productions prévues pour 2020 seront par ailleurs rééchelonnées sur 2021/2022 voire 2023 afin de leur permettre de voir le jour. Tout en rayonnant dans le monde entier, le Festival est également solidement ancré dans la région. Des projections gratuites d’opéra, des concerts sont ainsi régulièrement organisés à chaque manifestation.

Plus de 60 000 spectateurs étaient prévus lors du Festival international d'art Lyrique d'Aix-en-Provence.
Plus de 60 000 spectateurs étaient prévus lors du Festival international d'art Lyrique d'Aix-en-Provence. — Photo : Photo Vincent Pontet

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