Hérault

Industrie

La cartonnerie Ondupack renforce sa production d'emballages techniques

Par Anthony Rey, le 31 août 2021

Seul acteur indépendant sur le marché français du carton d’emballage à disposer de sa propre usine, l’héraultais Ondupack muscle son outil de production. La PME familiale investit 6,2 millions d’euros pour suivre l’évolution du marché, qui réclame de plus en plus de produits techniques.

L’usine actuelle d’Ondupack, située à Le Bosc dans l’Hérault, va être étendue de plus de 3 000 m2.
L’usine actuelle d’Ondupack, située à Le Bosc dans l’Hérault, va être étendue de plus de 3 000 m2. — Photo : Ondupack

La cartonnerie Ondupack (50 salariés, CA 2020 : 13 M€) a été créée en 2007 par des entrepreneurs issus du monde du négoce. Elle a bâti sa propre usine de 3 000 m2 à Le Bosc (Hérault), dès l’année suivante, et n’a cessé de l’agrandir au fur et à mesure qu’elle intégrait de nouveaux métiers, dont celui d’un de ses fournisseurs. Après une première extension à 10 000 m2, Ondupack vient de lancer un nouveau chantier qui verra son usine atteindre la surface de 13 000 m2 en avril 2022.

Une perpétuelle adaptation au marché

La PME héraultaise investit 6,2 millions d’euros dans cette opération, avec le soutien de la Région Occitanie et de l’Europe. Une première enveloppe de 2,2 millions d’euros portera sur la partie stockage, avec la création d’une zone tampon conçue pour livrer ses clients plus rapidement. Le plus gros de l’investissement, au moins 4 millions d’euros, servira à renforcer la productivité de l’usine. "Nous modernisons le parc machines pour automatiser notre production. Nous allons notamment transformer nos process de convoyage sur le site, afin que les caristes travaillent plus en sécurité", décrit Arnaud Panis, qui dirige l’entreprise familiale avec son frère Benoît.

À partir de bobines de cellulose fournies par des papetiers, Ondupack produit du carton ondulé, sous forme de plaques ou d’emballages sur mesure, de la petite à la grande série. Elle fabrique, par exemple, des "caisses américaines" pour son client historique, la viticulture (25 % de son activité). La crise sanitaire de 2020 n’a guère entravé la croissance de la société, qui continue à gagner des parts de marché dans l’industrie agroalimentaire, ou encore chez les professionnels de l’e-commerce. L’investissement en cours permettra d’ailleurs à Ondupack d’étendre sa gamme de produits techniques. "Nous innovons pour répondre aux nouvelles demandes du marché. Nous proposons depuis peu des produits inspirés des hard discounters : des cartons vernis, en quatre couleurs, que nous réclament les viticulteurs. Nous lançons aussi des produits prêts-à-vendre pour l’agroalimentaire", énumère Arnaud Panis.

La confiance dans l’avenir

Dans un secteur très concurrentiel, dominé par des grands groupes intégrant souvent leur propre activité de papeterie, Ondupack se perçoit elle-même comme "un petit Poucet". Mais la PME familiale, très attachée à son indépendance, tire un profit paradoxal de sa taille. "Dans les livraisons, les cartons tiennent beaucoup de place, ce qui nous oblige, par volonté de contenir les coûts, à limiter notre rayonnement géographique. Mais cette stratégie intéresse désormais les industriels qui veulent limiter leur empreinte carbone et travaillent avec des acteurs locaux tels qu’Ondupack", souligne Arnaud Panis. La PME héraultaise, qui livrait dans l’ouest de la France jusqu’à Nice et la Savoie, vient de se tourner vers Bordeaux et le sud-ouest, riches de nouveaux prospects dans le monde du vin.

De même, alors que la législation européenne va interdire, d’ici 2024, les emballages à usage unique, Arnaud Panis ne se montre pas inquiet pour son secteur, qu’il décrit comme "un métier d’avenir" capable de s’adapter à cette nouvelle donne. "Les cartons à usage unique sont un problème, mais Ondupack travaille avec du papier 100 % recyclé. Nous valorisons nos propres déchets en les revendant aux papetiers. Nous imprimons avec des encres à l’eau, sans solvant, et nous utilisons de la colle à amidon. Nous venons aussi de remplacer notre chaudière au fioul par un système au gaz", énumère le dirigeant, qui se donne l’objectif de 20 millions de chiffres d’affaires, réalisable à terme sur un marché animé par les mêmes priorités.

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