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Nouvelles cultures, photovoltaïque, bilan carbone… Maïsadour dévoile ses priorités pour 2030

Par Romain Béteille, le 08 décembre 2023

Maïsadour vient de dévoiler son nouveau plan stratégique. Le groupe coopératif landais se tourne logiquement vers la transition écologique, avec l’ambition de réduire de 25 % ses émissions de CO2 d’ici 2030. Il annonce aussi des investissements ainsi que l’expérimentation de nouvelles cultures comme le coton ou le chanvre pour se positionner sur des filières "à valeur ajoutée".

La coopérative landaise Maïsadour regroupe 4 300 salariés, 5 000 agriculteurs adhérents et 207 sites en France et à l’étranger.
La coopérative landaise Maïsadour regroupe 4 300 salariés, 5 000 agriculteurs adhérents et 207 sites en France et à l’étranger. — Photo : Maïsadour

Le message est clair et insistant. Le groupe coopératif landais Maïsadour, qui regroupe 5 000 agriculteurs adhérents et 4 300 salariés (1,475 Md€ de CA sur l’exercice 2022-2023 et un résultat net à 6 M€), a levé le voile lors de son assemblée générale sur son plan stratégique "Ambition 2030" : "Nous devons devenir un groupe pionnier et une référence environnementale. Nous considérons ces défis comme autant d’opportunités pour nous adapter, innover et nous développer", a ainsi assuré Christophe Bonno, directeur général de Maïsadour.

50 % d’électricité d’origine renouvelable en 2025

Les objectifs stratégiques de la coopérative, en plus d’être nombreux, sont ambitieux : réduire de 30% l'utilisation des engrais azotés d'ici à 2030, faire grimper la part d’électricité achetée d’origine renouvelable à 50 % d’ici à 2025, notamment en développant la part du photovoltaïque (50 nouveaux bâtiments à horizon 2026) ou encore réduire de 25 % ses émissions de CO2 en 2030. Pour ce faire, elle mise sur plusieurs leviers dont la réduction de l’empreinte carbone des matières premières utilisées pour l’alimentation animale, responsable de 35 % des émissions du groupe. Elle privilégiera par exemple le soja local issu de l’usine Graines d’Alliance à Saint-Sever (Landes), qui prévoit de traiter 18 000 tonnes de graines sur 2023-2024. Maïsadour a également poussé à la réalisation de 300 diagnostics carbone simplifiés dans les exploitations, mouvement qu’elle souhaite accélérer.

Nouvelles filières "à valeur ajoutée"

La coopérative compte aussi poursuivre ses investissements, auxquels elle consacre 30 millions d’euros par an. En septembre dernier, elle a ainsi posé la première pierre de l’agrandissement d’un site industriel à Aignan (Gers), dans lequel elle a investi quatre millions d’euros pour identifier dans l’œuf le sexe des animaux et optimiser la sélection grâce à des robots. La mise en service opérationnelle de cette unité est prévue pour juillet 2024. Un second couvoir, à Carcarès-Sainte-Croix (Landes), devrait être équipé courant 2025.

Pour nourrir sa croissance, le groupe mise également sur des filières "à valeur ajoutée" en expérimentant de nouvelles cultures comme le coton, le chanvre ou les myrtilles. Il veille en parallèle à réduire sa consommation d’eau (- 15 % sur 64 de ses sites par rapport à l’exercice précédent), en investissant dans la création de variétés de maïs et de soja plus résistantes au stress hydrique ou dans un projet de réutilisation de l’eau sur les sites agroalimentaires de Gibret (Landes) et de La Pommeraie (Vendée) pour rediriger les eaux usées traitées vers des agriculteurs proches.

Mariage annulé

Forte de ces ambitions, Maïsadour a malgré tout subi l’épidémie de grippe aviaire, pour laquelle une vaccination à grande échelle est en cours mais dont elle estime l’impact économique à 20 millions d’euros.

La coopérative a aussi abandonné en août dernier le vaste projet de création d’une entreprise commune avec le groupe coopératif agricole béarnais Euralis. "Cet arrêt ne résout en rien l’ensemble des problématiques qui avaient été soulevées par ce rapprochement d’activité, notamment sur la pérennité de la filière, les surcapacités industrielles et la fragilité financière de l’ensemble de la filière canards gras. Nous analysons l’ensemble des éléments qui ont conduit à ce refus et nous étudions d’autres projets", a assuré Eric Humblot, directeur du pôle gastronomie de Maïsadour.

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