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Conjoncture

Alain Dousse : "Il faut trouver des solutions pour les déplacements à l’Est de Marseille"

Par Didier Gazanhes, le 15 mars 2018

Alain Dousse, président de l’UPE 13 pour le territoire de l’Est de Marseille, Aubagne-Gèménos-La Ciotat, a vivement réagi à l’annonce faite par la Métropole Aix-Marseille du quasi abandon du projet de Val’Tram, qui devait relier Aubagne à La Bouilladisse, en empruntant le tracé de l’ancienne voie ferrée dite de Valdonne, abandonnée depuis 1987 par la SNCF. Un projet, dont le coût initialement estimé à 97 M d’euros serait passé à près de 150 M d’euros.

Alain Dousse, président de l'UPE 13 pour les territoires de l'Est de Marseille. — Photo : D.Gz.

Comment analyser vous l’annonce de l’abandon du Val’Tram par la Métropole ?

Il y a surtout une erreur de méthode. La ville d’Aubagne a quatre rames de tramway sur les bras, suite aux achats de l’ancienne municipalité. Comme le tramway de centre-ville a été définitivement arrêté, il a donc été envisagé de les utiliser sur la voie de Valdonne. Ce n’est sans doute pas la bonne solution. 150 M d’euros pour déplacer 70 000 personnes par jour, c’est également un peu excessif. Peut-être un BHNS (Bus à haut niveau de service) pourrait-il circuler sur cette voie. L’existence de ce tracé est une chance inespérée de mettre en place une solution aux besoins de transport de cette zone de l’Est marseillais. Si l’on n’agit pas, ce ne sera au mieux qu’une coulée verte avec pistes cyclables… Ce n’est pas l’abandon du Val’Tram qui me met en colère. C’est bien davantage le fait que depuis qu’on parle de ce projet, il aurait fallu avoir clairement le courage de dire qu’il coûte trop cher, qu’il ne se fera pas et, bien sûr, mettre en place des solutions alternatives…

Le débat est plus large que le simple tramway. C’est la mobilité à l’Est de Marseille qui pose problème ?

Bien sûr, sur les territoires de Gémenos, Aubagne, La Ciotat et La Valentine, les gens sont contraints au 100% voiture. Pour faire Aubagne/La Ciotat, il n’y a quasiment pas d’autres solutions de façon raisonnable. Il y a eu des dizaines et des dizaines de réunion en Préfecture, tout le monde connaît la situation, mais rien n’est fait. Il existe pourtant des solutions. Il faudrait par exemple créer une voie supplémentaire sur l’autoroute Aubagne/Marseille, qui soit réservée aux bus, ou un échangeur à Belcodène sur l’axe Aubagne/Aix. Ce qui manque ce sont les moyens. Marseille a eu l’extension de son tramway, Aix-en-Provence a son BHNS, mais, notre territoire est oublié. Comme rien n’avance, du côté du patronat nous avons mis en place des solutions d’attente : développer le télétravail, le covoiturage ou mettre en place des horaires décalés. Mais ces mesures ne solutionneront pas le problème. Elles permettent simplement d’attendre… Si c’est le financement qui fait défaut, ce n’est pas si grave. Dans l’entreprise, nous vivons tous les jours avec cette difficulté. Nous avons des projets et rarement les fonds pour les mener à bien. Il faut être créatif, trouver des solutions.

Le monde patronal appelait de ses vœux la Métropole. Est-ce finalement une bonne chose ?

Sur ce dossier, peut-être avons-nous été un peu naïfs. La Métropole devait venir remplacer d’autres couches du mille feuilles de collectivités. Cela n’a pas été le cas. Elle constitue pour l’instant une couche de plus et il y a, au final plus d’élus. Les collectivités privilégient toujours les frais de fonctionnement à ceux d’investissement, ce qui est dommageable.

Alain Dousse, président de l'UPE 13 pour les territoires de l'Est de Marseille. — Photo : D.Gz.

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