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Numérique

Comment Vivoka veut maintenir son avance technologique

Par Jean-François Michel, le 01 octobre 2021

La start-up messine spécialisée dans la reconnaissance vocale, Vivoka, vient de rejoindre Multispeech, une équipe-projet commune de l’Université de Lorraine, d’Inria et du CNRS. L’ambition est simple : "révolutionner la reconnaissance vocale".

Déjà à l’étroit dans leurs bureaux, les associés de Vivoka sont à la recherche de locaux plus vastes pour accueillir leurs 30 salariés.
Déjà à l’étroit dans leurs bureaux, les associés de Vivoka sont à la recherche de locaux plus vastes pour accueillir leurs 30 salariés. — Photo : Vivoka

Poussés par la puissance financière de Google ou Amazon, ces petits objets se sont imposés dans le quotidien, jusqu’à en devenir presque banals. Mais "quand vous sollicitez un assistant vocal, que ce soit OK Google ou Alexa d’Amazon, les données vocales sont expédiées sur un serveur pour y être analysées", explique Florian Guichon, le directeur opérationnel de Vivoka, start-up messine spécialisée dans la reconnaissance vocale. Concrètement, la requête vocale est transformée en texte, avant d’être analysée par le moteur de recherche qui va ensuite proposer une réponse ou une action à l’utilisateur. Un système qui permet d’accumuler des quantités de données très personnelles sur les utilisateurs, données qui pourront ensuite être valorisées. "Les derniers chiffres du marché montrent que la voix pèsera 27 milliards de dollars en 2023", souligne Florian Guichon. Un marché gigantesque, que la start-up messine a pourtant décidé de prendre à contre-pied, en pariant sur "l’embarqué", c'est à dire l’assistant vocal fonctionnant sans connexion à internet.

12 recrutements de très haut niveau

C’est en intégrant Multispeech, une équipe-projet de l’Université de Lorraine, du CNRS et de l’Inria, hébergée au sein du Loria à Nancy, le Laboratoire lorrain de recherche en informatique et ses applications, que Vivoka et son équipe de 30 personnes comptent consolider leur avance technologique dans ce domaine et s’installer dans une niche de marché. "Dès qu’il s’agit de protéger des données, il n’est plus possible de s’adresser aux Gafam, puisque leur modèle économique est de capter des données pour les valoriser", souligne Florian Guichon. "Dès que vous ne pouvez pas vous connecter à internet, il faut se tourner vers de l’embarqué et donc des solutions Vivoka". En lançant en 2020 le VDK, pour Voice Development Kit, la start-up s’est résolument engagée dans ce virage stratégique et en tire aujourd’hui les fruits : si le chiffre d’affaires de la start-up n’est toujours pas communiqué, Florian Guichon indique que le VDK a déjà convaincu 80 clients et que "l’activité des six premiers mois de 2021 est supérieure à l’ensemble de l’exercice précédent". Opérant en B2B, la start-up a aussi élargi son marché en mettant en avant le respect de la vie privée : "Aujourd’hui, nous avons des clients dans l’hôtellerie, dans la défense… Nous sommes sollicités pour des usages que nous n’avions même pas imaginés", détaille Florian Guichon.

Pour enfoncer le clou, Vivoka va désormais collaborer étroitement avec les chercheurs rassemblés au sein de Multispeech, dont le budget s’élève à "plusieurs millions d’euros" : "Nous avons déjà réalisé 12 recrutements de très haut niveau", se félicite Florian Guichon. Si les sujets exacts des travaux de l’équipe restent confidentiels, le directeur opérationnel de Vivoka estime que toutes les cartes sont rassemblées pour "révolutionner la reconnaisse vocale". "Demain, il sera possible d’aller beaucoup plus loin par rapport à l’expérience que nous connaissons aujourd’hui", affirme Florian Guichon. Obtenir le compte rendu d’une réunion instantanément, piloter des outils industriels complexes : les équipes de Vivoka et de Multispeech se sont donné trois ans pour aboutir et repousser les limites actuelles de la reconnaissance vocale.

Déjà à l’étroit dans leurs bureaux, les associés de Vivoka sont à la recherche de locaux plus vastes pour accueillir leurs 30 salariés.
Déjà à l’étroit dans leurs bureaux, les associés de Vivoka sont à la recherche de locaux plus vastes pour accueillir leurs 30 salariés. — Photo : Vivoka

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