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Comment l'entreprise adaptée Earta veut se relancer

Par Cyril Raineau, le 15 février 2021

Placé en redressement judiciaire en octobre puis reprise le 3 février par APF France Handicap, Earta, présent à la fois en Sarthe et Loire-Atlantique, jette les bases de son renouveau avec cinq nouvelles activités. Elles ont été présentées à la ministre déléguée à l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher, en visite lundi 15 février au siège de l’entreprise adaptée, à La Montagne (44).

Prosper Teboul, directeur général d’APF, et Pascale Ribes, présidente : "Depuis 5 ans l’APF crée 150 emplois par an pour des salariés en situation de handicap".
Prosper Teboul, directeur général d’APF, et Pascale Ribes, présidente : "Depuis 5 ans l’APF crée 150 emplois par an pour des salariés en situation de handicap". — Photo : Cyril Raineau

L’avenir s’éclaircit pour Earta après des mois de brouillard. Le 1er octobre 2020, l’entreprise adaptée, présente à la fois en Loire-Atlantique et en Sarthe, était placée en redressement judiciaire. La fin d’un contrat avec France Messagerie (ex-Presstalis) pour assurer la gestion des invendus de presse sur le Grand Ouest avait frappé comme un coup de tonnerre : 30 % de ses 7 M€ de chiffre d’affaires en dépendait (le conditionnement industriel, l’entretien d’espaces verts et l’imprimerie et le façonnage sont les principales autres activités).

La bonne nouvelle est tombée à l’issue d’une audience au tribunal de commerce de Nantes le 3 février : APF France Handicap (anciennement les Paralysés de France) est retenu parmi trois offres pour reprendre Earta. Un repreneur qui a de sérieux atouts, fort d’un réseau d’une cinquantaine d’établissements employant 4 200 salariés dont 3 800 atteints de handicap.

Agnès Pannier-Runacher, au siège d’Earta lundi 15 février à La Montagne : "Que tout s’arrête aurait été profondément injuste".
Agnès Pannier-Runacher, au siège d’Earta lundi 15 février à La Montagne : "Que tout s’arrête aurait été profondément injuste". - Photo : Cyril Raineau

Objectif : une activité pérenne

Les 210 salariés en situation de handicap (sur 235 collaborateurs dont 150 en Sarthe, les autres étant en Loire-Atlantique), ont tous été conservés. " Il y aurait eu quelque chose de profondément injuste à ce que tout s’arrête ", remarque Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée à l’Industrie. Accompagnée de Sophie Cluzel, secrétaire d’État chargée des personnes handicapées, la direction d’APF lui a présenté lundi 15 février au siège social d’Earta à La Montagne (44), ainsi qu’aux salariés, les ambitions qui dessinent le futur de l’entreprise adaptée.

Le projet industriel, pour reprendre les mots de Prosper Teboul, directeur général d’APF, " a pour objectif une activité pérenne. " Et s’appuie sur trois leviers : utiliser ce qui fonctionne dans le réseau d’établissements de l’association avec sa trentaine d’activités, s’appuyer sur l’écosystème local pour trouver des débouchés ainsi que sur les partenaires nationaux qui pourraient procurer eux aussi des marchés.

Un centre logistique s’implantera au Mans

Cinq axes ont ainsi été retenus. Le premier sera le transport des personnes à mobilité réduite, un service qu’Earta développerait à destination des collectivités territoriales et des Ehpad. Le deuxième s’incarnera par des prestations extérieures sur site dans le domaine du numérique, de la conciergerie, de l’entretien ou encore de bâtiment. De par la situation géographique de la ville, s’implantera au Mans un centre logistique dédié aux masques que fabriquent des établissements de l’APF, notamment pour équiper les agents de l’État.

Quatrième activité envisagée, la tôlerie. L’établissement de Vannes travaille déjà pour les Chantiers de l’Atlantique (coffre-fort, gaine de ventilation pour les cabines de bateau…) et Naval Group (fabrication notamment d’armoires à munitions). L’idée serait de compléter le travail effectué à Vannes ou d’imaginer d’autres débouchés avec les mêmes partenaires. Enfin, un site d’assemblage de vélos électriques devrait voir le jour. L’idée d’un atelier 4.0 visant à personnaliser les cycles durant leur fabrication a été évoquée. L’APF est en discussion avec la métropole nantaise et la communauté urbaine du Mans pour trouver des locaux adaptés pour toutes ces activités.

Lesquelles sont au stade de projet. Prochaine étape dès la semaine prochaine : les salariés seront reçus en entretien individuellement pour identifier leurs compétences et les former.

Prosper Teboul, directeur général d’APF, et Pascale Ribes, présidente : "Depuis 5 ans l’APF crée 150 emplois par an pour des salariés en situation de handicap".
Prosper Teboul, directeur général d’APF, et Pascale Ribes, présidente : "Depuis 5 ans l’APF crée 150 emplois par an pour des salariés en situation de handicap". — Photo : Cyril Raineau

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