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Le groupe Baudelet veut s’imposer au Nord de Paris

Par Elodie Soury-Lavergne, le 11 juillet 2018

Caroline et Jean-Baptiste Poissonnier viennent de prendre la tête du groupe nordiste Baudelet Environnement. Ils représentent la troisième génération à la tête de cette entreprise familiale, qui collecte, trie et valorise les déchets. Leur objectif est d'en faire un acteur incontournable du Nord de Paris.

Caroline et Jean-Baptiste Poissonnier ont repris début 2018 les rênes du groupe Baudelet, à la suite de leur père et de leur grand-père.
Caroline et Jean-Baptiste Poissonnier ont repris début 2018 les rênes du groupe Baudelet, à la suite de leur père et de leur grand-père. — Photo : Groupe Baudelet

Après plusieurs années de forte croissance, le groupe Baudelet Environnement affiche une nouvelle direction et des ambitions renouvelées. Caroline et Jean-Baptiste Poissonnier viennent de prendre les rênes de l’entreprise familiale, à la suite de leur père Bernard Poissonnier. Après avoir passé une dizaine d’années chacun au sein du groupe afin d’en connaître les moindres rouages, ils sont prêts à apporter leur pierre à l’édifice. Leur ambition ? Faire de ce groupe nordiste qui collecte, traite et valorise les déchets, un acteur incontournable au grand nord de Paris.

Une extension géographique

« Nous sommes déjà un acteur reconnu dans le Nord-Pas-de-Calais », souligne Caroline Poissonnier, nouvelle directrice générale, attachée aux fonctions supports, tandis que son frère est en charge des métiers. Depuis son siège de Blaringhem, le groupe s’est imposé dans l’ancienne région administrative. Baudelet Environnement a notamment enregistré une belle croissance au cours des deux dernières décennies, passant d’un chiffre de 36 M€ en 1999 à 130 M€ en 2017.

Baudelet Environnement emploie 380 salariés et continue à recruter. Face à son développement, il s’est retrouvé à l’étroit sur son site de Blaringhem. Une extension du siège s’est alors imposée, avec un nouveau bâtiment de trois étages jouxtant le premier. Durant l’été, les salariés ont pris possession des lieux, qui représentent un investissement de près de 1 M€.

Deux acquisitions en cours

L’objectif prioritaire est donc de s’étendre géographiquement, jusqu’au Nord de Paris. « Ces dix prochaines années, nous ne regarderons aucun projet en dehors de cette zone », note Caroline Poissonnier, avant de préciser que la Normandie est aussi en ligne de mire. Le groupe y a déjà mis un pied en janvier 2016, grâce à une toute première opération de croissance externe en dehors du Nord-Pas-de-Calais. Celle-ci concernait l’entreprise Gardet & de Bezenac, qui réalisait au moment de la reprise un chiffre d'affaires de 11,2 M€ avec 40 salariés.

Deux autres acquisitions sont d’ailleurs en cours et doivent aboutir à la rentrée. « Ces opérations concernent deux entreprises régionales : l’une compte 10 salariés et l’autre une quarantaine », indique Caroline Poissonnier, qui n’en dévoilera pas davantage. Les deux entreprises sont elles aussi actrices dans le domaine du traitement des déchets : « Nous voulons nous concentrer pour le moment sur nos trois métiers actuels », précise-t-elle. Parmi les deux métiers principaux de Baudelet, figurent la collecte et la valorisation, ou élimination, des déchets ménagers (30 % de l’activité) et des déchets industriels (70 %). L’autre est la récolte, la valorisation et le négoce de ferrailles et métaux. Enfin, le groupe dépollue également des matériaux, terres ou sédiments pollués.

Penser l’entreprise de demain

« L’entreprise s’est développée et nous avons atteint une taille critique. Nous ne pouvons plus fonctionner aujourd’hui comme il y a quelques années », affirme la dirigeante. Elle s’attelle donc avec son frère à penser l’entreprise de demain, voire d’après-demain, comme elle se plaît à le souligner. Et la voie de la valorisation des déchets semble être toute tracée : « La valorisation est une activité moins rentable que le négoce ou l’enfouissement mais nous pensons que c’est l’avenir, cela s’inscrit dans l’économie circulaire », explique la dirigeante.

La nouvelle direction travaille donc à améliorer la profitabilité de cette activité du groupe. « L’entreprise a toujours été dynamique sans que nous ayons à nous poser la question de ce que l’on pouvait faire de mieux. Nous voulons la pérenniser en la structurant », commente-t-elle. Les objectifs en termes de chiffre d’affaires ne sont pas encore définis.

Les deux dirigeants misent également sur l’innovation pour consolider leurs activités actuelles. Caroline Poissonnier explique : « Pour des clients ayant beaucoup de déchets à gérer, nous avons par exemple créé un service de gestion délégué. Nous mettons en place une déchetterie chez eux et un salarié de Baudelet est déporté pour la gérer. » Ce service a déjà été déployé dans cinq entreprises et cinq autres sont intéressées.

Il y a toutefois un point que les nouveaux dirigeants refusent de voir évoluer : le caractère familial du groupe. Bernard Poissonnier continue d’assurer le rôle de conseiller auprès de ses deux enfants. Et il n’est pas seul à apporter son soutien : « Mon grand-père a 93 ans et il est encore là tous les jours. Il possède même un bureau au rez-de-chaussée », sourit Caroline Poissonnier.

Caroline et Jean-Baptiste Poissonnier ont repris début 2018 les rênes du groupe Baudelet, à la suite de leur père et de leur grand-père.
Caroline et Jean-Baptiste Poissonnier ont repris début 2018 les rênes du groupe Baudelet, à la suite de leur père et de leur grand-père. — Photo : Groupe Baudelet

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