Industrie

ArcelorMittal investit 1,7 milliard d'euros à Dunkerque et Fos pour verdir sa production

Par Jeanne Magnien, le 04 février 2022

Le géant de l’acier ArcelorMittal annonce sa volonté d’améliorer ses conditions de production sur le sol français pour réduire son impact carbone. Il lance un plan d’investissement d’1,7 milliard d’euros, soutenu par l’État, pour la transformation de ses sites de Dunkerque et Fos-sur-Mer.

Deux des trois hauts-fourneaux actuellement en fonctionnement sur le site ArcelorMittal de Dunkerque vont être remplacés par des équipements innovants et décarbonés, annonce l’aciériste.
Deux des trois hauts-fourneaux actuellement en fonctionnement sur le site ArcelorMittal de Dunkerque vont être remplacés par des équipements innovants et décarbonés, annonce l’aciériste. — Photo : ArcelorMittal

ArcelorMittal s’engage sur la voie de la décarbonation. Un chemin qui s’annonce long et coûteux pour le premier producteur d’acier au monde (168 000 salariés, 53,3 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2020), qui vise la neutralité carbone, sur l’ensemble de ses sites de production mondiaux, pour 2050.

En France, les résultats devraient être sensibles dès 2027, à en croire l’annonce, à l’occasion d’une visite du Premier Ministre Jean Castex à Dunkerque (Nord) le 4 février 2022, d’un plan d’investissement d’1,7 milliard d’euros portant sur deux sites français du groupe.

Remplacer trois hauts-fourneaux sur cinq

Soutenu par les pouvoirs publics, pour un montant encore non précisé, ce plan prévoit la transformation des sites de production de Dunkerque et de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), pour en réduire les émissions de CO2 de près de 40 %, soit 7,8 millions de tonnes en moins à l’année, à horizon 2030.

"Cette transformation représentera une réduction de 10 % des émissions industrielles de gaz à effet de serre en France et inscrit l’industrie française de l’acier dans la trajectoire de l’Accord de Paris", se félicite un communiqué de l’aciériste.

Pour parvenir à cet objectif, ArcelorMittal va doter son site de Fos-sur-Mer d’un four électrique, en plus du four poche annoncé en mars 2021. Ces deux équipements devraient faire de l’aciérie de Fos un site pilote pour la production d’acier "circulaire", incorporant de la matière recyclée.

Sur son site de Dunkerque, le plus grand du groupe en Europe, Arcelor va construire une nouvelle unité dite "de réduction directe" (DRI). D’une capacité de 2,5 millions de tonnes, cet équipement permet de transformer le minerai de fer grâce à de l’hydrogène sans recourir au charbon. Cette unité DRI sera couplée à une technologie innovante de four électrique. En outre, des investissements sont prévus pour augmenter la part d’acier recyclé utilisé dans la production du site.

Ces nouveaux équipements seront opérationnels à compter de 2027 et remplaceront progressivement, d’ici 2030, trois hauts-fourneaux sur les cinq que compte actuellement ArcelorMittal en France : deux sur trois à Dunkerque, un sur deux à Fos-sur-Mer.

Vers de nouveaux recrutements

La technologie DRI, le recours massif à l’acier recyclé pour parvenir à 25 % d’acier réutilisé par kilo d’acier produit, et la séquestration et réutilisation du CO2 résiduel, sont les trois voies choisies par ArcelorMittal pour atteindre son objectif de décarbonation. "Nous sommes fiers de pouvoir contribuer ainsi aux objectifs de France 2030 et au maintien d’une industrie forte en France, servant les marchés européens", commente Eric Niedziela, président d’ArcelorMittal France, cité dans un communiqué.

Un détail d'importance toutefois : ces engagements d'ArcelorMittal sont conditionnés à la capacité de l’État français à fournir une énergie "économiquement viable". A voir donc si persistent, voire se renforcent, les difficultés rencontrées par les industriels français face à la flambée des cours de l’énergie en ce début 2022.

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