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Xankom, le petit opérateur qui connecte l'Ouest breton

Par Jean-Marc Le Droff, le 02 octobre 2018

Depuis Guipavas (Finistère), Xankom a fait le pari de résorber le problème des zones blanches de l'Ouest breton. Neuf ans après sa création, l'entreprise est en forte croissance et est devenue un véritable opérateur de services web et infrastructure. 

Gabriel Francheteau, directeur technique et cogérant de Xankom.
L'ambition du brestois Xankom est de s'imposer comme opérateur commercial d'envergure régionale aux côtés des géants des télécoms. — Photo : Jean-Marc Le Droff - Le Journal des entreprises

« Nous raccordons à l'internet haut débit les zones où les gros opérateurs télécoms ne vont pas », résume Gabriel Francheteau, directeur technique et cogérant de Xankom. L'aventure a commencé il y a neuf ans à la demande du maire de Bodilis, une commune qui n'avait pas accès au haut débit. « Nous avons installé une antenne sur son clocher et son château d'eau pour créer un réseau Wi-Fi HD propriétaire sur la commune. Les maires d'autres villages isolés se sont ensuite passés le mot ».

De fil en aiguille, Xankom se diversifie dans le raccordement d'entreprises en réseau cuivré et la téléphonie d'entreprise. Depuis trois ans, Xankom a également dégroupé l'intégralité du réseau fibre optique noire de Brest Métropole (un réseau de fibre installé mais non activé) pour le louer à des fournisseurs de services.

Opérateur alternatif

En d'autres termes, Xankom est devenue en moins de dix ans un opérateur alternatif venant concurrencer de grands acteurs comme SFR ou Orange sur ce secteur. En parallèle, la société continue à proposer sa solution en Wi-Fi HD qui permet aussi de sécuriser l'accès internet de ses abonnés, en cas de panne du réseau filaire. Des solutions qui ont d'ores et déjà séduit près de 500 clients, dont 80 % d'entreprises.

« Comme pour la LGV qui s'arrête à Rennes, l'accès au haut débit est un véritable levier pour accélérer le développement de la Bretagne. »

Ses arguments ? « Dans certaines zones, pour être raccordé à la fibre, il faut parfois attendre plusieurs mois. Avec notre technologie radio, le raccordement est immédiat et une fois que la fibre est tirée, l'antenne sert de système de secours », souligne le cogérant.

38 % de croissance en 2017

À ce jour, Xankom emploie six personnes et affichait un chiffre d'affaires de 500 000 euros en 2017, en croissance de 38 %. De quoi amener ses fondateurs à racheter Ersa (5 salariés, 500 000 euros de CA), l'un de ses sous-traitants implanté à Brest et Lannilis et spécialisé dans la pose de fibre optique. « Nous l'avons racheté pour intégrer la compétence et poursuivre notre développement : Ersa nous permet de fibrer les zones artisanales, les zones industrielles et les immeubles », précise Gabriel Francheteau, dont les références clients se multiplient, de Corser à Savéol en passant par la Serrurerie Brestoise ou encore Prince de Bretagne. 

Connecter l'Ouest breton

« Tous nos bénéfices sont réinjectés dans notre réseau haut débit. Notre objectif est de devenir un opérateur commercial d'envergure régionale (OCER) : on sait que la demande va exploser, car Orange a annoncé qu'il allait bientôt arrêter de poser des lignes en cuivre et qu'il ne raccordera pas certaines zones avant 2021 ou 2030... C'est très pénalisant pour les entreprises de certains territoires. Il faut aussi savoir qu'entre Brest et Lyon, le rapport du coût au méga est de 1 à 100 ! Comme pour la LGV qui s'arrête à Rennes, l'accès au haut débit est un véritable levier pour accélérer le développement de la Bretagne. C'est pourquoi  nous sommes notamment très actifs dans l'association Brest'IX, qui a pour objectif de créer une boucle locale d'échange de trafic internet entre différents opérateurs ». 

Gabriel Francheteau, directeur technique et cogérant de Xankom.
L'ambition du brestois Xankom est de s'imposer comme opérateur commercial d'envergure régionale aux côtés des géants des télécoms. — Photo : Jean-Marc Le Droff - Le Journal des entreprises