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Sica : Après une année noire, « continuer à préparer l'avenir »

Par Jean-Marc Le Droff, le 03 avril 2015

Si 2014 restera l'une des pires saisons de ces vingt dernières années pour la Sica, son président reste optimiste et explique sur quels fronts il va « livrer bataille ».

Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Jean-François Jacob est formel : « À part quelques résultats positifs, 2014 restera une année noire pour les producteurs. Nous avons rarement vu une situation aussi difficile pour l'ensemble des produits de la gamme depuis 20 ans. Le moral des producteurs et les trésoreries des exploitations s'en ressentent bien évidemment : 75 % des producteurs ont perdu 20 % de leur chiffre d'affaires ! ». Les raisons d'une telle situation sont relativement simples: à des conditions climatiques peu favorables à la production et à la valorisation des produits, s'est ajouté un contexte économique peu propice à la consommation. L'embargo russe, dès juillet, a complété un tableau déjà morose pour le groupement, qui réalise une grande partie de ses ventes à l'export : 40% pour l'échalote, 70% pour le choux, etc.

Bilan en berne, mais compensé par les participations

Résultat des courses pour le premier groupement légumier et horticole français : un bilan en berne avec un chiffre d'affaires global de 184,7 millions d'euros, soit une baisse de 15 %. Une casse heureusement limitée grâce aux participations du groupement dans diverses sociétés (Brittany Ferries, Combiwest, Agrival, etc.), qui lui permettent d'annoncer un chiffre d'affaires consolidé à 650M€. « C'est une mauvaise année pour les producteurs ainsi que pour la partie logistique, mais nous n'avons pas de problème particulier sur la partie fonctionnement et structure », tempère ainsi Jean-François Jacob. « Nous sommes habitués aux soubresauts et aux aléas logistiques du secteur des fruits et légumes, dans lequel il est difficile d'avoir une visibilité à plus d'un mois. On est armé pour ça, mais il ne faudrait pas que ça dure! Quoi qu'il en soit, nous allons donc continuer à investir et à préparer l'avenir ».

Innovation, segmentation, diversification

Car dans ce climat tourmenté, certaines productions sont, malgré tout, parvenues à tirer leur épingle du jeu. Si les tomates et les fraises ont tout juste limité la casse, l'oignon, la courgette et la salade peuvent se targuer d'une bonne saison. La filière bio affiche quant à elle des quantités et un chiffre d'affaires en hausse, tout comme les mini-légumes et des légumes anciens qui font un bond de 50 % du CA. Deux derniers segments que la Sica compte bien développer. « Les légumes de diversification constituent aujourd'hui le deuxième chiffre d'affaires du groupement », rappelle ainsi Jean-François Jacob, qui compte bien renforcer ces segments. « Le constat est simple : aujourd'hui, un tiers de notre chiffre d'affaires est lié à l'innovation et à la segmentation, et nos voisins européens ont des avantages que nous n'avons pas. Nous ne pourrons pas nous battre sur les prix, mais sur des produits qui se situent au-dessus de la moyenne qualitative, couplés à de l'innovation en termes de présentation, de durée de vie du produit ou encore d'optimistion des outils frigorifiques », poursuit-il. Nouveaux emballages, nouveaux légumes, plateaux de légumes mélangés... « Nous essayons d'adapter nos produits et leur présentation en fonction ce que nos marchés nous demandent et de notre connaissance du consommateur, dont les habitudes varient bien plus rapidement qu'il y a vingt ans ». Pour atteindre ces objectifs de valorisation, la Sica peut compter sur 350 agriculteurs en charge d'élaborer des stratégies de produits à destination de nouveaux marchés, ou encore de trouver de nouveaux légumes cultivables dans la zone. « Les petits produits d'aujourd'hui sont bien souvent les grands de demain », rappelle ainsi Jean-François Jacob. « Nous allons poursuivre sans cesse l'innovation, la segmentation et la diversification car 60 % des produits que nous mangerons demain n'existent pas encore. Nous avons déjà commencé à élaborer ces produits du futur associant végétaux terrestres et marins, extraits actifs horticoles, légumiers, algaux, etc. » Une politique qui se concrétisera dès cette année avec l'arrivée, en mai, de nouvelles gammes Prince de Bretagne.

Export et blocage administratif

L'export reste aussi l'une des priorités de développement pour la Sica, qui réalise 40 % de son CA à l'international. Pour s'en donner les moyens, le groupement a en ligne de mire de « tenter de sortir du carcan administratif lié au fonctionnement du réseau de transport français », et lancera, au printemps, une ligne ferroviaire entre Morlaix et la Chine, avec un passage par Moscou. Un développement à l'export qui passera aussi « inévitablement par la construction de deux nouvelles plateformes d'expédition de légumes, dont les dossiers sont toujours bloqués par les circuits administratifs », soupire le président.

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