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Année « correcte » pour la Sica de Saint-Pol-de-Léon

Par Pierre Gicquel, le 06 mars 2018

La Sica de Saint-Pol-de-Léon continue à maintenir le cap malgré une concurrence croissante et une météo capricieuse. Pour l'exercice 2017, elle présente un chiffre d'affaires global en hausse de 1,5%, pour atteindre 205 millions d'euros.

De gauche à droite : Jean-Michel Péron (secrétaire général de la Sica de Saint-Pol-de-Léon), Marc Keranguéven (président), Olivier Sinquin (directeur) et Michel Diriou (trésorier).
De gauche à droite : Jean-Michel Péron (secrétaire général de la Sica de Saint-Pol-de-Léon), Marc Keranguéven (président), Olivier Sinquin (directeur) et Michel Diriou (trésorier). — Photo : Pierre Gicquel

L'équipe dirigeante de la Sica de Saint-Pol-de-Léon a dressé le bilan 2017 et les orientations 2018 de la coopérative légumière, à l'occasion de l'assemblée générale annuelle qui s'est tenue le mardi 6 mars en son siège de Kerisnel. Jean-François Jacob n'ayant pas souhaité renouveler son mandat en janvier, c'est donc Marc Kerangueven, producteur de légumes de plein champ et ancien secrétaire de la Sica, qui s'est chargé de l'exercice pour la première fois en temps que président de la coopérative qui compte 700 exploitations et 9 200 emplois au total.

Chiffre d'affaires en légère hausse

Avec un chiffre d'affaires 2017 pour la production légumière de 170 millions d'euros, en hausse de 2% par rapport à l'exercice précédent, et un chiffre d'affaires pour la production horticole de 35 millions d'euros, égal à l'an passé, l'activité globale de la Sica connaît une très légère hausse (205 M€ de CA cumulé en 2017, +1,5%). « Une année que l'on peut qualifier de correcte, en sachant les disparités énormes qui existent entre les producteurs », résume Marc Kerangueven, dans un secteur toujours très dépendant à l'export (40 et 50% du chiffre d'affaires) et fortement impacté par les aléas climatiques. 
Or, sur l'année 2017, un hiver chaud et une pluviométrie plus abondante que la normale en été ont eu un effet globalement néfaste sur les productions de légumes, avec une arrivée trop tôt sur des marchés pas forcément dynamiques, ou pire, avec une profusion qui a fait baisser les prix.
Comme pour le chou-fleur, qui représente près d'un tiers de l'activité globale mais dont le chiffre d'affaires a chuté de 10%, en atteignant 31,6 M€ de CA en 2017 : « C'est dommage, nous perdons de la valeur chaque année, face à une concurrence Espagnole redoutable, regrette Marc Kerangueven, inquiet mais pas défaitiste. Nous travaillons à rajeunir l'âge des consommateurs, avec une campagne de marketing et l'idée de s'inspirer de la semoule de chou-fleur, un produit à la mode aux USA et au Canada qui peut remplacer par exemple la farine dans les recettes, même sucrées».  
Autre légume historique du Léon, l'artichaut représente quant à lui toujours près de 9% de l'activité de la coopérative (15 M€ de CA) mais présente un bilan contrasté, selon les variétés. Une hétérogénéité que l'on retrouve aussi du côté des salades (7% du CA) ou encore des alliums (10% du CA). 
Côté pomme-de-terre primeurs, l'année 2017 est un cas d'école, avec seulement 1,38 M€ de CA: «Elles sont arrivées dès la fin avril, ce qui est extraordinaire. Avec des stocks déjà présents et des importations, le marché s'est retrouvé complètement planté, avec un chiffre d'affaires divisé par deux » déplore Marc Kerangueven.

Bio en croissance et nouvelle gamme de tomates sans pesticide

La tomate sous serre, qui représente le quart de l'activité globale de la Sica (33 M€ de CA en 2017) vient de connaître une petite révolution, avec le lancement d'une gamme "zéro pesticide, 100% nature et saveurs". Une manière de se rapprocher du bio, réservé aux cultures en terre, pour un projet porté conjointement par Prince de Bretagne, marque phare de la Sica, mais aussi Savéol et Solarenn. « Nous restons bien concurrents sur le terrain mais nous travaillons sur un label commun pour 2018, car il ne faut pas multiplier les labels et brouiller les pistes pour le consommateur », précise Michel Diriou, trésorier de la Sica et producteur de tomates. 
Une innovation qui mettra du temps à se développer, car elle nécessite l'installation de nouveaux systèmes de désinfection et de maîtrise de l'énergie dans les serres, mais qui porte les espoirs de la coopérative: « Car elle apportera de la plus value sur notre production et permettra de contrer les importations », ajoute Michel Diriou.
Quand à la part occupée par les légumes bio, celle-ci grapille encore 1% cette année dans la part globale de l'activité de la Sica, avec un chiffre d'affaires de 6,5 M€ (5% du total). « Nous comptons 26 exploitations certifiées et 4 en conversion. Sans compter une trentaine d'autres qui ont entamé leur réflexion. Le bio est là et ne s'arrêtera plus », constate Marc Kerangueven.

Les grands chantiers à venir

Le bio n'est pas pour autant le seul levier de croissance pour la Sica. La diversification des gammes, avec entre autres, la montée en puissance des courges et des légumes anciens, porte 9% du chiffre d'affaires global. Et au delà des perspectives d'avenir, il y a un présent à améliorer, selon Marc Kérangueven: « La priorité est la construction de nouvelles stations, indispensables. Elles apporteront un gain en logistique, de la valeur ajoutée avec l'emballage et un accès aux nouveaux produits à tous les producteurs.» Mais pour l'heure, la SIca doit encore attendre la décision du tribunal administratif devant statuer sur des recours portés contre ces nouvelles stations.
Autre chantier important pour le nouveau président, le développement de la vente à distance, « car même si l'on croit au système de la vente au quadran où nous vendons 1 000 tonnes de produits par jour, nous devons nous adapter aux nouvelles demandes, comme la vente par télématique qui fait gagner du temps à tout le monde.»

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