"Alors que les perspectives étaient déjà bien mauvaises, quel avenir nous sera réservé dans un contexte aussi instable et morose ? Le mauvais temps ne nous a jamais fait peur, mais le silence qui entoure le naufrage à venir est effroyable". La métaphore de José Jouneau, marin pêcheur et président de l’association Loire Océan Filière Pêche, marque toute l’inquiétude qui s’empare de la filière de pêche française, et notamment dans la région. En Pays de la Loire, cela représente plus de 375 navires en pêche artisanale, dont 74 % en petite pêche. En exemple de ce sentiment d’abandon, le prochain Conseil des ministres, qui se tient à la Commission Européenne, doit définir la feuille de route pour les professionnels en 2025. Aucun ministre français n’y siégera pour négocier les intérêts de la filière du pays. "Comment la filière française va pouvoir faire face aux multiples enjeux qu’elle doit affronter, sans une administration forte pour statuer, légiférer ou défendre les intérêts des professionnels ?" appréhende José Jouneau.